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N°83

Boostez votre guitare type Les Paul  avec… Le « super circuit »  à 16 positions de Jimmy Page

Grand sorcier du son devant l’éternel, Jimmy page, le guitar héro des 70’s, n’était pas en reste, en ce qui concerne les bidouillages de savant-fou.
Par Julien Lecomte

Explications préalables

Ce cablâge spécial « aventuriers du son » est l’une des nombreuses solutions existantes afin de transformer une guitare de configuration Les Paul (H/H) en véritable usine à gaz. Imaginez un peu : ce câblage de la mort qui tue n’offre pas moins de 16 positions différentes, et ce, grâce à 4 commutateurs à 2 positions. Les voici détaillés :

1 – Bridge volume : Split du micro chevalet transformant votre double bobinage en simple. Vous pourrez ainsi obtenir le un son twangy façon telecaster. Pratique quand on ne possède qu’une seule guitare !

2 – Neck volume : C’est la même chose, mais pour le micro manche. De quoi avoir le « Little Wing »!

3 – Bridge tone : Cette position met les deux micros hors phase. Les forces contre-électromotrices se retranchent l’une par rapport à l’autre. Le son obtenu est assez particulier, et relativement peu puissant, voire franchement étrange. Cependant, il n’est pas dénué d’intérêt. Par exemple, c’est avec cette astuce que Mark Knopfler a un son aussi vocal sur l’intro de « Money for Nothing » (Dire Straits) avec, tout de même, une wah wah sus, bloquée à mi-course.

4 – Neck tone : Cette position met les deux micros en série. Les forces contre-électromotrices s’ajoutent, créant ainsi une sorte de gros « quadribobinage ». Il en résulte un son puissant et grave.

Il va de soi qu’ensuite, toutes ces possibilités peuvent se mêler à loisir. Comme on a quatre potards push push, nous avons, effectivement, seize possibilités. Par exemple, le son des deux micros splittés en série est également très intéressant.

Push-pull ou push-push ?

Si on veut épuiser toutes les combinaisons possibles pour chaque micro sans songer à court-circuiter les bobines, on peut faire appel à des potentiomètres munis de commutateurs-inverseurs à 2 positions. Ce sont des « push-pull » (pousser- tirer) ou des « push-push » (pousser-pousser).

Vous pouvez choisir l’un ou l’autre en fonction de votre utilisation et de votre confort. Cependant, sachez que les potentiomètres « push-push », un peu plus faciles à manipuler, sont plus fragiles, et dureront moins longtemps en cas d’utilisation intensive.

Ces commutateurs miniatures se présentent avec six broches, situées au-dessous, que l’on prendra soin de ne pas trop chauffer en soudant, sous peine de les endommager.

Matériel à préparer

– 1 linge pour déposer l’instrument sur le plan de travail

– 1 chiffon ou une serviette éponge pour protéger l’instrument durant les soudures

– 1 fer à souder d’électronicien ou bien un modèle réglable avec une pan fine et conique.

– 1 éponge humide pour nettoyer votre fer.

– 1 pince à souder

– 1 aspire soudure pour nettoyer l’électronique

– De la soudure argent de bonne qualité

– 2 micros humbuckers splittables (4 fils)

– 2 condensateurs 047 de préférence de qualité « Orange Drop » ou « Mallory ».

– 4 potentiomètres « push-pull » ou « push-push » 500k linéaires.

– 1 petit tournevis cruciforme

– 1 rouleau de scotch d’électricien

– Un peu de câble



		

Installation

Afin de ne pas endommager l’instrument pendant les diverses manipulations, il convient de prendre quelques précautions.

Inutile d’investir dans un stand dédié, comme celui qu’utilisent les luthiers, puisqu’un plan de travail plane et stable peut très bien faire l’affaire. Vous disposerez un linge ou une serviette éponge sous la guitare, pour éviter les rayures.

Lorsque l’instrument est déposé sur le dos, vous éviterez d’appuyer sur la tête. De même, lorsque vous retournerez la guitare pour effectuer les soudures, pensez à placer sous le manche une serviette ou un chiffon plié pour la surélever légèrement, et ne pas endommager la table (sélecteur, micros, etc…)

Je vous conseille vivement de préparer tous les éléments qui vous serviront durant cette opération, et de les disposer clairement à portée de main. Cela vous permettra de ne pas vous disperser et de garder l’esprit concentré sur ce que vous faites. Votre travail n’en sera que meilleur.

Démontage de la guitare

Retirez les cordes les cordes une par une, puis retirez les pièces mobiles, comme le pickguard, le cordier et le chevalet.

Placez, ensuite, un petit morceau de scotch sur les vis du chevalet pour éviter qu’il ne se dérègle pendant le montage.

Ôtez également les boutons de potentiomètre. Une petite astuce pour les boutons récalcitrants : prenez deux médiators un peu épais, et glissez-les en-dessous du bouton pour le soulever, sans abimer la table.

On attaque ensuite le démontage de l’électronique. Retournez votre guitare, et retirez les plaques de protection avec un petit tournevis cruciforme adapté pour ne pas risquer de déraper.

En fonction des pièces que vous désirez changer vous dé-souderez les fils ou vous les couperez purement et simplement. Prenez tout de même soin de vous laisser suffisamment de longueur de fil, afin de pouvoir réutiliser vos éléments.

Il ne vous reste qu’à dévisser les 4 vis au coin de chaque micro pour les soustraire de leur cavité avec leurs contours plastiques.

Placement des nouveaux micros et des potards push-pull

A présent, votre guitare est toute nue, sans électronique. Profitez-en pour faire un nettoyage complet et méticuleux de l’instrument : un bon coup de polish sur le corps et un nettoyage de la touche à l’huile de citron (pour nourrir le bois), tout en protégeant les frettes de la corrosion.

Commencez par passer les câbles au travers de la caisse, en vous laissant une marge confortable pour vos soudures (Pour cette opération, si le passage est étroit pour les câbles, aidez-vous d’une pince à soudure pour pousser la gaine dans le conduit).

Vissez ensuite les deux micros, tout d’abord sur les contours plastiques, sans oublier les petits ressorts sur les vis de réglages, puis sur la guitare. Vous pouvez à présent posez votre instrument sur la tranche dans une position stable, et vissez les potentiomètres dans la caisse dans la même position que sur le schéma ci-contre (cela vous évitera des erreurs de lecture).



		

Soudures

C’est le moment de vous lancer. On fait chauffer le fer, et on place un chiffon autour de la cavité pour éviter les petites projections de soudure qui pourraient endommager le vernis de votre guitare.

Étant donné la complexité du schéma, je vous recommande de commencer par effectuer à l’extérieur de l’instrument toutes les soudures sur chacune des broches, en veillant à faire des pauses régulières pour ne pas trop chauffer le potentiomètre, et de finir par les soudures « classiques » sur les pattes des potards a l’intérieur de la cavité. La seule règle est d’être bien détendu et concentré sur ce que vous faites, en vérifiant bien chaque soudure sur le schéma (plusieurs fois s’il le faut). Et en cas d’erreur, un petit coup d’aspire soudure, et hop, on recommence.

Au niveau des réglages, pour la hauteur de vos micros, rien de bien sorcier : c’est ni trop, ni trop peu. Comme souvent, c’est le juste milieu qui convient.

En conclusion

Ce câblage est une bonne solution à moindre coût pour optimiser votre instrument favori, et ajouter un maximum de cordes à votre arc. Vous ferez de lui une arme redoutable et tout-terrain. Le schéma permettra sans grandes difficultés techniques aux plus patients et aux plus méthodiques d’entre-vous de pousser un peu plus loin l’expérimentation sonore, en suivant la trace céleste du grand Jimmy alias « Zoso ».