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N°83

Jeff Beck – Paris – Salle Pleyel – 24/10/2016

Pour notre communauté, l’événement de cette fin d’année était évidemment la venue de Jeff Beck (le guitariste des guitaristes) à Paris dans le cadre de son Loud Hailer Tour. Le concert se déroulait à la Salle Pleyel, lieu de pèlerinage bien connu des amoureux de musique classique. Évidemment, tout le staff de Guitare Xtreme Magazine était présent.

Comme en 2014 au Grand Rex, la mission de chauffeur de salle a été confiée à French Tobacco, artiste solo qui aime beaucoup Jeff Buckley, Bob Dylan et les Beatles. Armé de sa voix, d’une guitare, et d’une valise qui lui sert de grosse caisse, le jeune troubadour a réussi à embarquer le public dans son univers. Il faut quand même avoir une sacrée paire de « bollocks » pour jouer à poil devant le public de Beck. Bravo !
Après un court entracte, Jeff est arrivé sur scène dans une formule que l’on n’attendait pas vraiment : le power trio avec chanteur (le duo féminin Bones n’était pas disponible sur deux dates de la tournée). D’ailleurs, c’est avec « Morning Dew » qu’il attaque les hostilités, histoire de nous replonger dans les prémices du Jeff Beck Group, suivi d’un bel hommage à Hendrix avec une cover de « Little Wing » totalement habitée. Pour ne rien gâcher, le chanteur embauché par El Becko, Jimmy Hall, est un vieux de la vieille tout droit venu d’Alabama, et il assure comme une bête, dans un registre très rhythm’n’blues. Tout au long du show, les chansons seront entrecoupés d’interludes instrumentaux, avec des escapades jazz rockeuses (« You Know You Know » du Mahavishnu Orchestra, « Stratus » de Billy Cobham), mais également des titres issus de Wired (« Blue Wind ») et Guitar Shop (« Big Block »). Quelques moments de pure magie ont illuminé le public de Pleyel : « People Get Ready », compo de Curtis Mayfield que Beck a transcendé avec son comparse Rod Stewart en 85 et une version du « A Day in A Life » des Beatles, ciselé par le maître avec son toucher d’orfèvre, comme à son habitude. Ceux qui s’étaient déplacés pour déguster les morceaux de Loud Hailer auront été de la revue, puisqu’aucun titre de l’album n’a été joué.
Soniquement parlant, ce concert a été une leçon motivante (ou humiliante c’est selon) pour tous les guitaristes présents dans la salle. Le son ultra précis de Beck, provenant d’un cluster Mashall/Magnatone, de ses strats et bien sûr de ses doigts ne laisse rien passer. Côté effets, les oreilles initiées auront reconnu le Maestro Ring Modulator, le Hughes & Kettner Rotosphere, le Mu-Tron Octave Divider ainsi qu’un quelconque clone de Fuzz Face, le tout utilisé avec beaucoup de goût et de parcimonie. Un grand moment dont nous avons encore du mal à nous remettre.