ACTUELLEMENT
EN KIOSQUES

N°83

Dossier comparatif

Depuis l’invention de la guitare électrique, les guitaristes rêvent de spatialiser leur son, voire de le rendre multidimensionnel. Au balbutiement de la production studio, l’écho provenait des machines disponibles. On pense notamment au fameux slapback que les pionniers du rock’n’roll obtenaient avec des magnétophones à bande (Sun Records). Le signal qui venait d’être capturé par la tête d’enregistrement était lu par la tête de playback, générant une répétition. Il suffisait d’agir sur la vitesse de la bande pour ralentir ou accélérer l’effet. C’est sur ce procédé que naquirent les premières chambres d’écho à bande, et cette technologie préhistorique régnait encore à la fin des années 70, avec les nombreuses itérations de l’Echoplex et autres Space Echo de chez Roland. Ce son authentique et inimitable séduit toujours, et quelques marques (Fulltone, T-rex) produisent encore des machines à bandes, mais les circuits électroniques de plus en plus évolués ont largement changé la donne, sans parler des microprocesseurs. La puissance de calcul de certaines pédales de delay actuelles coiffe littéralement au poteau les PC que nous utilisions il y a quelques années, et affichent des possibilités et une définition sonore absolument phénoménales. L’offre n’a donc jamais été aussi vaste, et entre les vrais échos à bandes, les pédales analogiques, celles qui proposent un fonctionnement hybride analog/digital, et les pédales processées ultras puissantes qui emmènent nos oreilles dans des galaxies sonores encore inexplorées, il y a de quoi se perdre dans le cosmos. Guitare Xtreme Magazine vous propose de passer en revue ce qui existe de mieux sur le marché, appuyé par l’expertise d’un certain François Delfin, guitariste professionnel incontournable du métier (Florent Pagny, Rachid Taha, Shym, Alain Bashung, Daniel Darc) et collectionneur compulsif d’effets. Go, go, go, go, go !

Henretta Engineering Red Brick

Another Brick On The Board

À première vue, difficile de faire plus dépouillé que cette petite Henretta Engineering. Le mini châssis rouge, gros comme deux petites boîtes d’allumettes (5×5 cm), ne présente qu’un switch, et that’s all ! Le circuit analogique de cette pédale hybride embarque un retardeur d’écho PT2399, petite puce magique bien connue des moddeurs d’effets. Nous ne sommes donc pas dans du « full analog », mais du moment que le son est au rendez-vous, on s’en « tape » un peu, non ? Alors le son, justement, parlons-en ! Sortie du carton, la Red Brick est réglée sur un écho type slapback absolument somptueux. Pour un usage country/rockabilly, difficile de rêver mieux. Il y a de la chaleur et de la consistance. Évidemment, les possibilités de la bête ne s’arrêtent pas là. Dans le petit bidon de la Red Brick, quatre trim pots permettent d’ajuster le temps de delay (450ms maximum), le volume d’effet, le feedback et le tone. On peut donc accéder à des effets de delay plus prononcés voire cosmiques (façon Mick Ronson sur « Moonage Daydream » de Bowie), avec la possibilité de rendre l’effet très brillant et ouvert, ou bien franchement dark et lo-fi. Une fois qu’on a trouvé son réglage préféré, on referme la ch’tite boîboîte, et let’s go ! Pour le prix et vu son faible encombrement, on peut même s’en offrir deux.

Pour : le son très classe, le format mini
Contre : Aucun réglage accessible
Prix : 135 €
Importateur :
Woodbrass

Anasounds Utopia

La grande illusion

Comme les guitaristes accros du son vintage ne veulent pas forcément se farder un véritable écho à bande, bon nombre de fabricants cherchent à reproduire les caractéristiques sonores de ces derniers (égrainage des répétitions, effet de pleurage) dans un format compact. Dans ce registre, cette Utopia « made in France » est une petite bombasse. Nous retrouvons à nouveau le chip PT2399 (un grand classique), combiné à un circuit analogique. Le son riche et texturé fait des miracle en slapback ou bien dans un contexte texas blues, avec des rythmiques à la Stevie Ray Vaughan. En poussant les curseurs, on entre dans l’univers « Chris Issakien », avec des ambiances suaves à la James Calvin Wilsey qui évoquent les grands espaces sur les arpèges modulés au vibrato. Miam ! En façade, on retrouve les paramètres habituels (répétitions, delay time), mais également un dry/wet (mixage entre le signal brut et la réinjection d’effet) et un mini switch « MOD » qui reproduit l’effet de pleurage d’un écho à bande type Echoplex. En interne, on accède à d’autres réglages qui vont agir directement sur le caractère de l’écho et de la modulation, et donnent la possibilité de pousser le temps de delay jusqu’à 600 ms. Une utopie bien addictive !

 

Pour : la qualité du son, le switch « MOD », l’originalité du look.
Contre : nada
Prix : 209 €
Importateur : Anasounds
www.anasounds.com

SubDecay Anamnesis Echo

Des symphonies en cascade

Les Américains de SubDecay frappent fort avec cette pédale de delay numérique en format MXR, qui séduira aussi bien les amateurs d’écho vintage type « à bande », que les guitaristes à la recherche de belles textures tourbillonnantes pour ambiancer leurs arpèges ou pour créer des plages atmosphériques multidimensionnelles qui se suffisent à elles-mêmes. En un mot comme en cent, l’Anamnesis Echo peut faire le boulot de bon nombre de ses concurrentes, et bien plus encore, puisqu’elle est dotée d’un filtre de modulation type LFO, grâce auquel il possible de littéralement propulser votre guitare dans la stratosphère, avec un réglage de profondeur (depht) et un réglage de vitesse (speed). Dès que ce mode est activé, impossible de revenir en arrière, puisqu’il influe sur la hauteur et l’enveloppe des répétitions, provoquant des réactions en chaîne aussi psychédéliques que stupéfiantes. Tout est permis, des effets lents et très « deep » proprement symphoniques, générant de véritables murs de sons pleins d’artefacts et de scintillement jusqu’à des pluies de notes en cascade façon arpégiateur qui donnent la chair de poule sur les mélodies en harmoniques. Un vrai régal !

Pour : le rapport petit format/énormes possibilités, la transparence des effets, le LFO
Contre : il nous en faut une, et vite !
Prix : 219 €
Importateur :
Guitars Addicts

www.subdecay.com

Pigtronix Echolution 2 Ultra Pro

Un instrument à part entière

Voilà une machine d’une telle puissance qu’elle pourrait voler le job de plusieurs de vos pédales favorites. À vrai dire, rien qu’en naviguant au travers des presets d’usine, on comprend que l’on a affaire à un outil créatif redoutable, avec lequel on pourrait s’enfermer quelques semaines pour un long voyage expérimental vers des sonorités de fin du monde, qui aboutirait sans problème à l’enregistrement de l’album psychédélique ultime (ou à un internement psychiatrique). Chaque fonction de la pédale, entièrement programmable (60 presets) est accessible via votre ordinateur par l’intermédiaire d’un port USB (Mac/PC), et chaque paramètre peut être affecté à une pédale d’expression. Le processeur ultra puissant de la machine, allié à quatre filtres LFO, offre une myriade de sonorités. Ping-pong, sauts d’octave, effets de halo et d’échos inversés… il faudrait des mois pour faire le tour de toutes les possibilités, surtout lorsque les huit modes de filtres et les huit formes d’onde entrent en action. L’activation du mode « Bit Crusher Destruction », enfonce nos oreilles dans le vortex d’un trou noir géant, à grand renfort de torsions et de distorsions interstellaires. Ceux qui étaient jadis fanatiques du FireworX de TC Electronic devraient trouver avec cette petite usine à gaz une nouvelle voie pour exorciser leurs pulsions soniques les plus meurtrières. Comme si ce n’était pas suffisant, une télécommande en option est dotée de deux switches momentanés permettant de freezer les notes ou de déclencher les effets de cascades. Une pédale aussi inutile qu’indispensable !

Pour : des effets d’une transparence à tomber, des possibilités infinies, le port USB, le mode « Bit Crusher Destruction ».
Contre : un peu trop de possibilités ?
Prix : 522 €
Importateur :
Guitars Rebellion
www.pigtronix.com

T-Rex Replicator

The Real Thing

Cette petite Rolls Royce du tape écho ne conviendra à tous les goûts, ni à toutes les bourses, mais pour ceux d’entre vous qui cherchent un véritable écho à bande à l’ancienne utilisable dans le monde moderne, c’est la bonne pioche. À l’instar du Fulltone Tube Tape Echo, le Replicator utilise des cassettes dédiées remplaçables (l’opération prend moins de deux minutes). Comme sur les Echoplex d’antan, la bande passe par deux têtes de lecture (playback heads). La première procure un écho court (diode verte), la seconde un écho plus long (diode rouge, jusqu’à 1200 ms), et bien sûr, elles peuvent être combinées (diode orange). On peut donc naviguer entre un slapback absolument divin (vous avez le bonjour de feu Scotty Moore) jusqu’à des répétitions assez longues. Le chorus permet de jouer sur l’effet de pleurage de la bande (totalement dément), et le potard « Saturate » augmente le gain, procurant cette saturation naturelle de la bande absolument inimitable. Il est évidemment possible d’ajuster le volume de l’effet et le taux de réinjection, et la machine propose un volume général, ce qui s’avérer très pratique pour équilibrer le son « off » et le son « on », mais aussi pour palier à une éventuelle chute de volume en fonction de la configuration de la boucle à effet de votre ampli. Dernier détail, et pas des moindres : le Replicator est le premier écho à bande à embarquer un tap tempo, fonctionnalité devenue quasiment indispensable pour un usage professionnel. La pédale est livrée dans une somptueuse housse en simili cuir contenant une cartouche de rechange et le transfo d’alimentation. Un seul frein : le prix qui fera pleurer des larmes de sang à votre banquier.

Pour : LE son inimitable de la bande, le tap tempo, le look
Contre : le prix élevé, mécanisme un peu fragile
Prix : 849 €
Importateur : Saico
www.t-rex-effects.com

Source Audio Nemesis Delay

Swiss Army Knife

Si vous n’avez pas l’âme d’un explorateur ni celle d’un ingénieur et que les pédales, un peu trop « tech oriented », font fondre vos neurones, la petite terreur de Source Audio, puissante, flexible et compacte, s’impose comme une alternative imparable. Surnommé par ses aficionados « Eventide killer », le Nemesis Delay est un gros couteau suisse, dont l’utilisation s’articule autour d’un potard rotatif cranté qui offre pas moins de douze types de delays différents, que l’on peut travailler à l’aide des six potards (time, mix, feedback, mod, rate et intensity) et plusieurs subdivisions rythmiques (noire, croche pointée, double croche). La pédale peut émuler les caractéristiques des machines vintages (Echoplex, Binson, Space Echo), mais aussi délivrer tous les effets de delay modernes avec une définition implacable. Effets de bandes inversés, octave jumps, ping-pongs en tout genre, cascades de notes (bonjour le gros délire en stéréo)… la Nemesis sait tout faire, et peut être pilotée via votre PC ou votre Smartphone via l’application Apple/Android Neuro (afin d’éditer vos presets encore plus précisément grâce à des paramètres supplémentaires). Il est possible de storer quatre réglages utilisateurs, et une entrée pour pédale d’expression permet de contrôler l’un des paramètres en temps réel. La Nemesis se pose comme une concurrente redoutable pour la Strymon TimeLine, qu’elle explose en termes de définition, et la Eventide TimeFactor (équivalente au niveau de la qualité des sons, mais bien moins pratique en termes d’ergonomie), mais elle tient en plus la dragée haute aux pédales analogiques les mieux notées du marché. Si vous ne pouvez en avoir qu’une seule, alors ce sera celle-ci.

Pour : le son, le « tout-en-un », l’ergonomie, le prix, les connectiques USB et MIDI.
Contre : rien
Prix : 350 €
Importateur :
Guitars Addicts
www.sourceaudio.net

Providence Chrono Delay DLY-4

Le meilleur des deux mondes

Cette excellente pédale a été conçue par les Nippons de Providence pour faire fondre le cœur des fans hardcore du gros delay en rack TC Electronic 2290 (un classique encore très prisé, entre autres par un certain The Edge). Cette petite DLY-4 fournit peu ou prou les mêmes services que sa vénérable aînée, sans rien sacrifier au niveau du son, et heureusement dans un format beaucoup plus compact et ergonomique. Ainsi, il est possible de choisir entre huit unités rythmiques via le potard « beat split », et le delay time est ajustable aux petits oignons manuellement ou via un tap tempo ultra précis en BMP ou en milli secondes (de 1 à 2700 ms). Hormis les habituels réglages (mixage son direct/son traité, feeback), la pédale arbore un potard « Echo Hardness », qui agit directement sur le timbre du delay. C’est par son biais que l’on peut aller taper dans les échos vintages proches des anciennes machines à bande, et bien sûr dans les textures modernes brillantes et ultras définies. Techniquement, le cœur de la DLY-4 est un circuit 100% analogique. Seul le delay en lui-même est géré par un processeur numérique de très haute volée, qui octroie à l’engin un headroom phénoménal. La définition sonore ultra précise de la pédale doit beaucoup au Vitalizer, un buffer développé par Providence qui évite toute dégradation du signal. En plus, si vos pédales sont rackées, il est possible de connecter à la DLY-4 un footswitch optionnel afin de contrôler le tap tempo à distance. Une totale réussite !

Pour : le son du TC Electronic 2290 en petit format, le tap tempo ultra précis, le buffer.
Contre : un peu chère, pas de MIDI
Prix : 357 €
Importateur :
Filling Distribution
www.fillingdistribution.com

Catalinbread Echorec

Réminiscences floydiennes

De toute notre sélection, cette Catalinbread est probablement notre coup de cœur. La gageure n’était pas simple : capturer le son texturé phénoménal, mais aussi l’expressivité du légendaire Binson Echorec, l’écho qui a retourné le cerveau des fans de Pink Floyd période Dark Side of the Moon/Live At Pompeii et qui est plus largement considéré comme l’une des pierres angulaires du son psychédélique anglais. Beaucoup de modèles ont essayé d’arriver ne serait-ce qu’à la cheville de ce Saint-Graal, mais sans grand succès. Nous n’allons pas vous mentir, cette petite Echorec n’atteint pas exactement le potentiel sonique de son ancêtre (que nous avons déjà eu l’occasion d’essayer pour de vrai), mais elle arrive sans problème à créer l’illusion. L’architecture de l’engin est centrée autour du potard « program select », dont les douze presets correspondent aux différentes combinaisons des quatre têtes de lecture qui étaient disposées autour du disque magnétique de la machine originale (contrairement aux autres modèles, l’Echorec ne fonctionnait pas avec une bande). Ils donnent accès à tous les effets caractéristiques du Binson, allant d’échos pulsatifs très psychés à des rendus très organiques et atmosphériques. Le « swell » agit sur le taux de réinjection, le tone détermine le timbre de l’écho, et les autres réglages parlant d’eux-mêmes. Pas besoin de tergiverser avec cet Echorec. En tournant les potentiomètres, on retrouve à tâtons et quasiment à l’identique toutes ces sonorités magiques qui ont transfiguré la musique dans les années 60 et 70. Une fois qu’on a goûté, impossible de s’en passer.

Pour : le son exceptionnel, la facilité d’utilisation, le look
Contre : un peu trop addictif !
Prix : 294 €
Importateur : Filling Distribution
www.fillingdistribution.com

MXR Carbon Copy

Le bon plan

Dans ce genre de comparatif, il est toujours de bon aloi de proposer une pédale « étalon », un modèle qui a déjà fait ses preuves et que tout le monde connaît plus ou moins. Dans ce rôle, nous avons choisi la Carbon Copy de MXR. Comme elle est facile à trouver, pas chère et très performante, on tend à la retrouver sur les boards de guitaristes aux horizons musicaux très divers, du rockabilly à la pop en passant par le metal extrême. Le tonalité de l’effet est plutôt sombre, et pour ceux qui cherchent un écho un minimum « Bright », mieux vaudra l’utiliser avec une Strat ou une Tele. Le potard « Regen » contrôle le nombre de répétitions. Très sensible, il peut vite faire partir l’effet en auto-oscillation, ce que certains apprécieront. Le « Mix » permet de doser le volume de l’effet, et de delay time (assez précis), l’intervalle entre les répétitions. En sus, un petit bouton « Mod » procure un vague effet de pleurage plus proche d’un chorus (pour la scène, ça aurait été sympa de pouvoir l’activer au pied avec un véritable switch). Comme l’indique le nom de la pédale, les répétitions sont de plus en plus imprécises, avec une légère saturation qui apporte un beau grain analogique. Idéal pour le slapback country/rock’n’roll, mais également pour les arpèges joliment enveloppés, le Carbon Copy se comporte également très bien avec les sons distordus (pour épaissir les rythmiques metal ou balancer des solos à la Van Halen/Randy Rhoads). Comme on en a pour bien plus que son argent, cette MXR est définitivement la bonne affaire de notre sélection !

Pour : le rapport qualité-prix imbattable, la fonctionnalité, le bouton « Mod ».
Contre :
le grain un peu trop « dark »

Prix : 176 €
Importateur :
La Boite Noire du Musicien
www.laboitenoiredumusicien.com/

Mad Professor Deep Blue Delay

Let Love Rule

L’excellente réputation des effets Mad Professor n’est plus à faire, et certaines des pédales de la marque finlandaise (l’overdrive Little Green Wonder en tête) sont aujourd’hui devenues des références absolues. Ce petit delay hybride analogique/numérique très simple et robuste au format MXR est lui aussi en bonne voie pour devenir un incontournable, avec un esprit vintage orienté « à bande », qui renvoie directement aux sons des années 60/70. Si vous cherchez une pédale abordable pour jouer du rock façon Lenny Kravitz, vous avez clairement tiré la bonne carte. En tripotant les trois potards « level », « delay » et « repeat », on peut naviguer entre des slapbacks très chauds et convaincants, jusqu’à des effets dignes des vieux films de soucoupes volantes, en passant pas des sonorités plus aériennes et planantes. Dans le cadre d’une utilisation classique, le Deep Blues Delay sait à peu près tout faire, et il possède en plus un cachet monstrueux. Très bon plan !

Pour : un très bon écho typé vintage, mais pensé moderne.
Contre : un peu cher
Prix :
206 €

www.fillingdistribution.com/

EarthQuaker Devices Avalanche Run

Le combo imparable

Passons à cette pédale « joker » un peu fofolle, sorte de « deux en un », puisqu’elle mélange delay et reverbe. Les quatre potentiomètres noirs du dessus, « Time », « Repeats », « Tone » et « Mix » contrôlent le delay, tandis que les deux du bas, « Decay » et « Mix » sont affectés à la reverbe. Jusque-là, rien que du très classique. Portons notre attention sur les deux boutons blancs latéraux. Celui de gauche permet d’affecter un paramètre parmi six au choix à la pédale d’expression (optionnelle), tandis que celui de droite offre le choix entre six unités rythmiques (noire, croche pointée, triolet de noire, croche, triolet de croches et double croche). Les possibilités sont déjà innombrables, mais elles sont littéralement décuplées par le mini toggle switch à trois positions, qui, à l’usage, se révèle être l’élément central de l’Avalanche Run. Le mode « Reverse » inverse les notes pour des ambiances vraiment bluffantes à la Robert Fripp, le mode « Normal » correspond à un delay traditionnel, et le « Swell » gomme les attaques des notes, ce qui procure des effets de type violoning très expressifs. La définition est assez démente. Les amateurs de son vintage trouveront le grain de la pédale un tantinet froid, mais on ne peut pas tout avoir. L’Avalanche Run est donc une sacrée base d’expérimentation et de création, mais de par sa polyvalence, elle trouvera sans problème sa place sur votre board.

Pour : le combo delay/reverbe, la transparence des effets, très pratique à utiliser.
Contre :
on se les gèle un peu

Prix : 395 €
Importateur :
Filling Distribution
www.fillingdistribution.com/

Strymon TimeLine

Sur les anneaux de Saturne

En quelques années, les pédales de très haute facture de la marque Californienne Strymon ont envahi les pedalboards de tous les professionnels du métier, et notamment le TimeLine, qui s’est imposé comme l’usine à delay la plus complète et ergonomique du marché. En effet, les douze modes entièrement paramétrables offrent des possibilités quasi infinies, et même si le grain de la pédales se révèle un peu froid à l’usage (malgré le « grit » et le filtre LFO), tout le monde pourra y trouver son compte, avec des delay typé « à bande », des émulations de circuits analogiques, des duck delays et autres ping-pong, en passant bien sûr par des textures spatiales qui donnent l’impression de surfer sur les annaux de Saturne après avoir gobé des champis. La fonction « Dual » est particulièrement cool, puisqu’elle donne la possibilité d’utiliser deux delays distincts et paramétrés totalement différemment, à l’instar de l’Eventide, par exemple. La plupart des réglages de base sont accessibles via la façade, mais pour les fonctions plus avancées (« Smear », « High Pass Filter » « Repeats Dynamics »), il faut rentrer dans le mode programmation, qui est heureusement très bien pensé. En outre, ils peuvent être affectés à une pédale d’expression optionnelle. Petit plus, et pas des moindres, le TimeLine peut également être utilisé comme looper, avec 30 secondes de sampling en 24 bits. Une pédale capable de tout faire, y compris des sons très originaux qu’on ne trouve nulle part ailleurs, et un outil ultra puissant pour le sound design.

Pour : la beauté des textures, l’extrême polyvalence, la stéréo, la possibilité d’utiliser deux delays en simultané, les connectiques MIDI, la robustesse.
Contre : manque un peu de chaleur.
Prix : 499 €
Importateur : Guitars Rebellion
www.strymon.net/

Gurus Echosex 2°

Sexual Healing

Le Binson Echorec (abondamment utilisé par Hank Marvin, Syd Barrett, David Gilmour et Jimmy Page) avait été inventé à Milan, en Italie, c’est donc un curieux hasard que sa descendante l’Echosex soit née à Faenza. La pédale embarque une lampe 12AX7, qui est intégrée à la chaîne audio afin de reproduire le grain très chouette et coloré du Binson. Visuellement, ça en jette! À l’instar de bon nombre d’échos hybride analog/digital, les répétitions sont générées par le fameux chip PT2399, connu pour émuler de façon très convaincante le son des vieux échos. Très simple d’utilisation, la pédale présente des contrôles habituels (« Bass Treble », équivalent d’un « Tone », « Écho » et « Volume Écho ») et d’autres un peu plus ésotérique, à l’image de « Age of Damage », qui reproduit le degré d’usure et de déformation du cabestan (carrément bluffant) et « Lenght of Swell », qui contrôle le taux de réinjection. Les réglages interagissent les uns avec les autres, générant de jolis effets de feedback, de réactions harmoniques et d’auto oscillation, toujours très organiques et musicaux. Une très belle unité d’effet qui représente une vraie valeur ajoutée en studio, et qui malgré son relatif encombrement pourra se faire une place de choix sur votre pédalier.

Pour : le grain coloré de l’écho Binson, l’originalité, le classe du design à l’italienne.
Contre : pour un écho, ça douille !
Prix :
399 €

Importateur : Guitars Rebellion
www.gurusamps.com

JAM Pedals Delay Llama Supreme

Écho à la grecque

Le Delay Llama de Yannis Anastasakis représente actuellement le must en matière d’écho 100% analogique, et quand on sait qu’il a été adoubé par des maîtres tels que Bill Frisell, Daniel Lanois et Steve Lukather, il est impossible d’en douter. La pédale embarque une puce BBD analogique, fidèle reproduction du chip Panasonic MN3205 qui a forgé la légende du célèbre AD 80 de Maxon (fin 70) et de du Boss DM-2 (début 80), mais également de la première incarnation de l’Aqua Puss de Way Huge. Le Delay Llama produit donc un son de base riche et très texturé, dont on peut transfigurer le timbre grâce à un « Tone » très efficace. La bête est dotée d’un tap tempo, et d’un mini switch permettant de choisir trois unités rythmiques (noire, croche, croche pointée). Mais cette version Supreme va beaucoup plus loin, puisqu’elle embarque en sus un autre effet JAM, et pas des moindres, puisqu’il s’agit du chorus Waterfall, mais également un filtre (Q). À partir de là, c’est vraiment la fête du slip, surtout qu’il est possible (et recommandé) de connecter à la bête deux pédales d’expressions afin de piloter en temps réel le temps de delay (600 ms maximum) et le volume d’effet. Un outil génialissime !

Pour : le 100% analog, des textures à tomber, la polyvalence, le chorus Waterfall intégré, les inserts pour pédales d’expressions, le tap tempo, le châssis robuste façon char d’assaut.
Contre :
comme tout ce qui est beau, c’est cher !

Prix : 399 €
Importateur : Guitars Addicts
www.jampedals.com/

Rotosound The Aftermath

La classe britannique

Le catalogue du fabricant de cordes anglais Rotosound affiche une ligne de pédales orientées rétro, dont cet écho hybride analogique/numérique dont le circuit est basé sur la fameuse puce BBD (Brigade Bucket Delay). La pédale est assemblée main avec des composants triés sur le volet, et elle présente un parti pris pour l’esprit 60’s, que ce soit au niveau du look, et bien sûr du son. Le grain se révèle chaud et plutôt sombre. En cela, un réglage de tonalité aurait été le bienvenu. Mieux vaut donc l’utiliser avec une guitare cristalline qui claque un peu, genre Telecaster. Les réglages sont sommaires : « Depht » (niveau de l’effet), « Rate » (temps de delay) et « Feedback » (taux de réinjection). Le temps de delay est relativement court (autour de 400 ms) et conviendra pour les slapbacks et des effets subtils et musicaux, parfaits pour les rythmiques bien rock à la Rolling Stones et les arpèges chatoyants. Un plug & play de très bonne qualité qui comblera les amateurs de son vintage.

Pour : le son vintage en toute simplicité
Contre : absence de tone, format sympa pour le look, mais compliqué à intégrer sur un board.
Prix : 200 €
Importateur : Option Directe
www.rotosound.com