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N°82

SIMO – 14 novembre 2016 – New Morning (Paris)
© Anthony Dubois

Malgré la popularité montante de JD Simo et de son power trio SIMO, le jazz club parisien est loin d’afficher complet. Il faut tout de même rappeler que la précédente prestation des trois Nashvilliens en ouverture de Monster Truck à la Maroquinerie avait été interrompue par la chute du pauvre JD, qui avait dû être transporté manu militari à l’hôpital, souffrant d’une luxation de la rotule. Le début des festivités est assuré par les Français de Jesus Volt. Le quatuor parvient à chauffer le public, malgré un blues rock parfois un peu lourdaud et poussif. Vient le moment tant attendu : JD investi le plateau avec ses deux potes Adam Abrashoff (batterie) et Elad Shapiro (basse). Premier choc : le nouveau look de JD. Finie la tignasse à la Jim Morrison, les vestes en velours purple et les foulards « à la Woodstock ». Le guitar hero porte désormais le cheveu court, ce qui fait ressortir son visage poupon, et une petite veste en cuir bien taillée (l’influence de Madame Simo qui suit son mari durant cette tournée ?). Second choc : le Marshall Super Lead fétiche de JD n’est plus de la partie. Il a été remplacé par deux combos : un Fender Super Reverb et un Epiphone Futura des 60’s, que le musicien booste à l’aide d’une antique Marhshall Supafuzz. Plus fin et moins présent qu’à l’accoutumée, le son de JD, souvent noyé dans un halo de réverbe, déroute un peu. Enterrée par la rythmique, la ES 335 transperce difficilement du mix (allo, l’ingé façade ?). Avant le show, JD nous avait confié que tout devenait trop facile pour lui avec le Marshall et qu’il avait ressenti le besoin de casser ses automatismes et de quitter sa « comfort zone ». Après avoir quitté la fosse pour nous placer au bord de la scène à 3 mètres des amplis, l’écoute s’est révélée bien plus homogène et agréable. SIMO ne peine néanmoins pas à se mettre le public du New Morning dans la poche, émaillant sa set-list de nouvelles compositions un peu plus formatées (« Don’t Waste Time », « Shine »), mais tout aussi efficaces que celles de Let Love Show the Way, et qui ne laissent présager que du bon concernant le nouvel album à paraître courant 2017. Passage obligé, le slow blues « What’s On Your Mind », ultra maîtrisé et ressenti, sur lequel JD flirte avec la perfection du Peter Green époque Mayall. La très grande classe ! Avant d’attaquer « I’d Rather Die In Vain », JD prévient l’assemblée non sans humour : « La dernière fois que j’ai joué cette chanson à Paris, les choses n’ont pas très bien tourné pour moi. Je suis content de pouvoir la terminer ce soir ». Après un virage soul funk torride, JD envoie son titre de bravoure, la cover de « With A Little Help From My Friend » d’un certain Joe Cocker, occasion de nous confirmer qu’il est lui aussi un immense chanteur. Ce concert inoubliable s’est achevé après un rappel très intense et « Dylanien » (« Maggie’s Farm »), à l’issue duquel JD a promis à ses fans français de revenir rapidement. On a vraiment trop hâte !

Set-list :
Don’t waste time
Shine
Long may u sail
What’s on your mind
People say
Light the candle
Be with you
Return
Temptation
Rather die in vain
Help from my friends
Maggie’s farm