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N°82

Yann Armellino – Feu à volonté !
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Le guitariste Yann Armellino est un vétéran de la scène instrumentale en France, et on ne compte plus les nombreux chapitres de sa discographie solo. Signe des temps, ce fils du hard rock des 80’s s’adapte, et après la série acclamée de DVD pédagogiques « Je suis guitariste » (Sony Music), on le retrouve sur iTunes avec Guitar Master Class, une application mobile à succès qu’il a créé avec le producteur/développeur Stéphane Jaïs afin de vous enseigner les plus grands tubes de la guitare rock dans la joie et la bonne humeur. Il joue aussi régulièrement le session man, et c’est notamment lui que l’on retrouve sur l’album de la comédie musicale très « Broadway » Un été 44, signée Jean-Jacques Goldman et Charles Aznavour. Pour l’heure, Yann défend bec et ongle Better Way, l’album d’acier trempé qu’il vient de sortir des forges avec le chanteur El Butcho (ex frontman du groupe Watcha). Il nous a raconté l’histoire de cette petite entreprise musicale qui pourrait bien exciter à mort le fan de classic rock qui sommeille en vous.

Sur Better Way, on ne te retrouve pas avec ton acolyte Chris Caron, mais avec Butcho, ex-chanteur du groupe Watcha. Que s’est-il passé ?

Absolument rien ! Je travaille toujours avec Chris occasionnellement, mais comme il vit à Austin, au Texas, ce n’est pas toujours évident de bosser à distance. Quand il passe à Paris, on travaille de façon très intense. Pour ce nouveau disque, c’était différent. J’avais accumulé pas mal d’idées, et je voulais travailler avec un chanteur de façon plus intime, parce qu’à l’exception de deux titres, ce n’était pas vraiment dans une veine instrumentale. Le fait que nous nous soyons rapprochés récemment avec Butcho tombait plutôt bien.

Vous vous connaissiez depuis longtemps ?

Oui, mais de façon superficielle. Et puis Christophe Godin nous a invité tous les deux dans le cadre du Paris Metal France Festival au Divan du Monde, et c’est ce soir là que nous avons réellement sympathisé. On s’est dit : « On va se rappeler très vite et faire de la musique ensemble ».

Neuf fois sur dix, on dit ça, mais il n’y a jamais de suite…

C’est absolument vrai, sauf que cette fois, j’ai pris mon téléphone pour le relancer. Comme il était chaud, je lui ai balancé trois chansons. Dès le lendemain, il me les a renvoyé avec des propositions vocales qui tenaient vraiment la route, et même des arrangements avec des chœurs. Je ne m’attendais pas du tout à une telle surprise. Au départ, étant donné le piteux état du marché, je pensais partir sur un EP vendu en exclusivement en digital, et puis plus on avançait, plus on se disait : « pourquoi nous arrêter-là? ».

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À quel moment Erick Benzi (réalisateur pour J-J Goldman, Céline Dion, Gildas Arzel) est-il entré en piste ?

Quasiment dès le départ. Avec Erick, nous nous sommes croisés très souvent chez Sony Music à une époque, et nous avons sympathisé. Il se tenait au courant quant à l’évolution de mon travail, et comme j’ai un grand respect pour son talent, j’ai eu envie de lui faire écouter mes nouveaux titres. D’emblée, il m’a dit : « Je vais prendre les choses en main et réaliser le disque avec toi ». Forcément, le fait qu’Erick s’investisse autant dans le projet m’a apporté beaucoup de confiance en moi. Il nous a aussi épaulé en jouant toutes les parties de batterie, et en réampant mes lignes de basse pour grossir le son.

De quelle façon as-tu enregistré tes guitares ?

Très posément, dans mon studio, et à l’ancienne. Je travaille avec un magnéto numérique Zoom équipé de très bons convertisseurs. Je n’ai pas envie de voir les formes d’onde de mes pistes sur un écran, et comme je ne peux pas faire de drops, c’est toujours du « one shot » d’un bout à l’autre de la chanson. Cette méthode m’oblige à tout donner durant la prise, et à être très rigoureux quant à la mise en place. On ne doit plus être très nombreux à bosser comme ça (rires).

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Non, je te le confirme. Et côté matos ?

Alors, c’est un peu embêtant, parce que je n’avais pas encore signé mon deal avec Engl au moment des prises. La plupart des grattes ont été faites avec une tête DV Mark et mon Rocktron Prophecy, que j’adore toujours autant. Pour les concerts, je joue désormais avec un Engl Screamer 50, qui sonne très proche des Marshall JCM 800.

L’instrumental « Road to the Core », c’est un hommage à ta nouvelle Ibanez ?

Oui, complètement ! Chaque nouvelle guitare m’inspire de la musique. Dès que j’ai déballé ma nouvelle Roadcore du carton, j’ai eu envie de la jouer, et le titre est sorti immédiatement. Quant à l’autre titre instrumental de l’abum, « Suits Revisited », il s’agit d’une adaptation d’un petit thème que l’on entend à la fin du générique de la série Suits. Je me suis amusé à le trafiquer à ma façon.

Yann, c’est le moment du mot de la fin ?

Je donne rendez-vous à tous les lecteurs de Guitare Xtreme Magazine sur la route. Avec Butcho, notre but est de porter ce projet à la scène en 2017, et d’aller à la rencontre des gens pour leur faire plaisir en nous faisant plaisir.

Emmanuel Bongrand

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