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N°152

Interview Smith/Kotzen : Deux flingueurs aux Trianon

Dans moins d’un mois, les fans parisiens de heavy rock ont rendez-vous au Trianon pour un moment rare : l’arrivée sur scène du duo Smith/Kotzen. Quatre ans après avoir lancé ce projet ambitieux, Adrian Smith, pilier inoxydable d’Iron Maiden, et Richie Kotzen, caméléon virtuose à la croisée du hard rock, du blues, de la soul et de la fusion, débarquent enfin à Paris. Amis de longue date, les deux guitar heroes ont uni leurs forces et leurs voix pour célébrer leur admiration mutuelle, une rencontre au sommet entre feeling brut et technique redoutable. Après un premier album salué pour sa fraîcheur et un EP expédié un peu trop vite qui nous avait laissé un tantinet sur notre faim, le tandem a remis les pendules à l’heure l’année dernière avec Black Light/White Noise, un opus imparable où chaque riff et mélodie respire la liberté et le plaisir de jouer. Leur toute première tournée européenne passera par la capitale le 6 février, et croyez-nous, ça promet d’envoyer du très lourd. En attendant ce grand moment, Adrian Smith a pris le temps de discuter avec Guitare Xtreme Magazine pour revenir sur l’alchimie unique qui le lie à Kotzen, la magie de leurs guitares et de leurs voix entremêlées, et les coulisses de l’enregistrement du dernier album à Los Angeles, majoritairement chez Ritchie. Toujours aussi cool et généreux, Adrian nous a offert une pluie d’anecdotes savoureuses. Ready to rock? Go!

Evoto

Tu vas bientôt revenir à Paris pour jouer au Trianon avec Smith/Kotzen. Comment te sens-tu à l’idée de retrouver le public français dans un cadre intimiste ?
Ça va être sympa. Nous avons ce nouvel album, Black Light/White Noise, dont nous somment très satisfaits, et ça va être super de jouer ces chansons devant le public français. Nous avons répété pour faire des filages à Los Angeles et le groupe sonne vraiment super bien. Tu sais, pour moi, peu importe le projet, l’essentiel, c’est de prendre du plaisir à jouer, et comme j’ai l’impression que nous sommes bien partis pour nous éclater, j’ai hâte d’être au mois de février pour que la tournée commence. D’aussi loin que je me souvienne, la France a toujours une terre d’accueil pour Maiden et je me super bien chez vous. Il me tarde d’être au Trianon.

Avec Maiden, vous jouez depuis longtemps dans d’immenses endroits comme l’Accor Arena, le Parc des Princes ou La Défense Arena. Ça change quoi pour toi de jouer dans des théâtres ou dans des clubs ?
Ce sont deux choses vraiment différentes, et j’aime les deux. C’est un peu cliché de dire ça, mais le club, c’est l’essence même du rock’n’roll (rires). Le public est tout proche, il n’y a presque pas de mise en scène. Nous aurons un peu de production pour les concerts de Smith/Kotzen, mais rien à voir avec un show de Maiden. Quand on joue dans une très grande salle, nous devons nous pointer avec une scénographie digne de ce nom, parce que les gens sont très loins de la scène, et ils veulent voir un vrai spectacle. Mais dans un club, le public et les musiciens se voient littéralement. C’est la même sensation que d’être au premier rang pour un match de boxe. On peut tout ressentir et vivre chaque instant du concert de façon intime. De la scène, je peux regarder les gens dans les yeux et voir leur émotion quand je joue quelque chose qui les touchent, et j’aime vraiment cette proximité. C’est une toute autre expérience, et au fond, cette tournée de Smith/Kotzen, je la fais vraiment pour le plaisir de partager et pour l’amour de la musique.

« De la scène, je peux regarder les gens dans les yeux et voir leur émotion quand je joue quelque chose qui les touchent, et j’aime vraiment cette proximité. »

 

 

 

J’imagine que les voyages et la logistique vont être également très différents d’une tournée de Maiden…
Oh oui (rires) ! Je vais retrouver les couchettes de ces bons vieux tours bus qui ne m’avaient pas vraiment manqué (rires). Je dis toujours à mes amis que dans les années 80, je vivais à bord d’un tour bus avec Maiden, et c’est presque la vérité. On pouvait littéralement vivre durant six mois les uns sur les autres dans un bus (rires). C’était incroyable et j’ai tellement de souvenirs de cette époque. Il y a eu de très bons moments et d’autres plus difficiles, mais bon, à l’époque je m’en foutais parce que j’étais jeune. Aujourd’hui, à presque 69 ans, je ne le vis pas de la même façon, mais ça va être fun. J’ai toujours aimé voyager. Et puis c’est une tournée de seulement cinq semaines. Nous dormirons parfois dans le bus, mais il y a aussi des soirs où nous irons à l’hôtel. On verra comme ça se passe. Tu sais, si ça se trouve, je finirai peut-être par rentrer chez moi au bout d’une semaine ! Non, je plaisante (rires). J’ai vraiment hâte, et tant pis si ce n’est pas le confort auquel je suis habitué.

C’est rassurant de voir qu’un musicien de ta génération aime toujours être sur la route…
D’une certaine façon, j’aime ça encore plus qu’avant. Tu sais, dans les années 80, on jouait six ou sept soirs d’affilée, on se reposait une journée, et puis on repartait pour sept autres concerts. C’était vraiment comme un marathon, et à cette époque, les tournées étaient comme des rouleaux compresseurs qui pouvaient durer neuf ou dix mois. On était rarement à la maison, et même pour les jeunes musiciens que nous étions, c’était éreintant et je pense qu’on a perdu pas mal de points de vie. Aujourd’hui, on joue moins souvent, mais toujours avec la même énergie. De toute façon, avec nos âges, ce serait impossible de travailler avec la même intensité. Mais je pense que Maiden reste capable d’offrir un grand spectacle et que les gens en ont vraiment pour leur argent. C’est pareil avec Smith/Kotzen, on se donne à fond et le show est très énergique. Je suis chanteur en plus d’être guitariste et c’est beaucoup de boulot, parce qu’il faut que je me souvienne de toutes ces foutues paroles (rires). Mais je suis un homme de défis, j’aime être occupé, avoir un objectif, une direction. Je crois que tout le monde a besoin de ça, au fond. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai choisi de faire ce métier.

D’ailleurs, j’imagine que tu vas devoir te ménager davantage durant cette tournée afin de préserver ta voix…
Oui, bien sûr, mais tu sais, j’ai grandi en chantant dans des groupes. Quand j’ai rencontré Dave Murray, bien avant Iron Maiden, on devait avoir une quinzaine d’années. Nous étions les deux seuls gamins de notre quartier à aimer le hard rock, du moins, c’est ce que nous pensions. Petit à petit, on a rencontré d’autres jeunes aux cheveux longs, mais à l’époque, la mode, c’était surtout la soul ou la pop du Top 20. On a tous commencé à chercher quelque chose de plus authentique, puissant et profond, et nous l’avons trouvé. Dave taquinait la guitare depuis deux ans, moi, je n’avais pas encore vraiment commencé à jouer. Je bidouillais un peu, mais sans vraiment savoir ce que je faisais (rires). Mais je voulais désespérément avoir un groupe, alors j’ai dit :  » Bon, je serais le chanteur ! «  Je ne savais même pas si j’en étais capable (rires). Donc, on a commencé à jouer, et j’ai appris à chanter sur le tas. Ensuite, j’ai appris à jouer de la guitare très sérieusement, mais j’ai débuté ma carrière comme chanteur, et je l’ai fait durant des années, et d’ailleurs, lorsque j’ai rejoint Maiden en 1980, j’étais chanteur et guitariste dans un autre groupe. C’est dans mon sang. Récemment, j’ai chanté durant trois jours d’affilée, et ma voix a bien tenu le coup. Je ne la chouchoute pas vraiment, et je pense que je la maîtrise un peu mieux, techniquement parlant. Je respire mieux et j’ai moins besoin de forcer. On avait déjà fait une petite tournée il y a quatre ans, et c’était nickel. Richie fait beaucoup plus gaffe que moi, parce qu’il fait ça depuis des années et que c’est son gagne-pain. Quand on est vraiment chanteur de métier, c’est différent, et j’ai toujours été compatissant envers Bruce Dickinson, parce qu’il se doit d’être très discipliné en tournée. Par exemple, il adore les produits laitiers, mais il les a bannis de son alimentation parce ça lui abîme les cordes vocales. Il se met à paniquer dès qu’il y a de la clim. Moi, je suis un peu plus flexible. Je balance tout ce que j’ai et j’enchaîne (rires). Je suppose que sur une tournée plus longue, je serais obligé d’y faire davantage attention, mais pour l’instant, je ne fais rien de particulier. Pourvu que ça tienne (il se marre en frappant sur la table NDLR).

Jouerez-vous l’intégralité de Black Light/White Heat ?
Nous allons jouer un mélange de nos deux albums, parce que nous en sommes encore au point où les gens s’attendent probablement à ce qu’on joue des titres du premier, des trucs comme  » Scars « ,  » Taking My Chances  » ou  » Running « , qui sont vraiment géniaux. Mais ouais, on va jouer une bonne demi-douzaine de chansons du nouvel album, et on a hâte. C’est dans l’ADN de tout musicien d’avoir besoin de jouer du neuf. Et l’album est sorti depuis un moment, dont les gens le connaissent. Franchement, les chansons sonnent super bien live. Je me doutais qu’elles passeraient bien l’épreuve de la scène, mais ça dépasse même mes attentes. Donc, ce sera un mélange, et puis il y aura aussi des surprises. Je n’en dis pas plus.

Ta connexion avec Richie semble être devenue encore plus profonde. Comment décrirais-tu votre alchimie aujourd’hui ?
J’ai un respect infini envers ce mec. C’est l’un des musiciens les plus accomplis que je connaisse, mais il est également maître dans le travail en studio. Nous avons réalisé Black Light/White Noise chez lui, et j’ai adopté sa manière de bosser. Ça va vite, c’est spontané, on rebondit sur les idées de l’autre. C’est unique d’avoir deux guitaristes/chanteurs dans un même projet sans que l’un des deux ne cherche à bouffer l’espace de l’autre. Quand on écrit une chanson ensemble, on veut être égaux vocalement et guitaristiquement, et c’est ce qui rend notre truc aussi unique. Je ne pense pas que quelqu’un ait déjà fait quelque chose dans la veine de Smith/Kotzen, parce que côté ego, ce serait compliqué. Je pense que dans notre cas, cela fonctionne parce que nous sommes avant tout des amis, et même si c’est beaucoup de boulot, je suis vraiment heureux de faire ce voyage avec Richie. C’est aussi génial de pouvoir partager le chant lead avec quelqu’un. On échange les lignes, on fait des harmonies… Pour moi, chanter tout seul serait sans doute une charge trop importante, tandis que là, j’ai pote sur qui je peux me reposer un peu et c’est top. Bon, techniquement parlant, il n’y a pas photo, Richie chante mieux que moi avec cette tessiture de barjot, ce qui nous permet de couvrir un plus large spectre avec nos deux voix. Les possibilités sont énormes, on le fait de mieux en mieux, et j’espère qu’on fera des trucs encore plus grands dans le futur.

Déjà, il y a un changement évident. Sur le premier disque, vos deux univers se complétaient, mais restaient bien distincts. Sur le nouveau, tout s’entremêle davantage…
Oui, il y a un truc plus fusionnel, je suis totalement d’accord avec toi. Il faut dire aussi que Black Light/White Noise est plus cohérent et plus rugueux, dans une veine vraiment plus rock. Le premier album est cool, je l’adore, mais j’avoue être beaucoup plus fier de celui-ci. Après, je pense que c’est comme dans toute relation : ça évolue avec le temps, ça mûrit et ça se bonifie, et j’espère bien que nous allons dans cette direction.

Où puises-tu ton inspiration quand tu écris avec Richie ?
Je la puise dans mes jeunes années, quand la musique me semblait plus fraîche et organique qu’aujourd’hui. Je parle des années 70 et de cette période un peu charnière, quand le rock est devenu du heavy rock ou du heavy blues, appelle ça comme tu veux (rires). Aujourd’hui, on parle plutôt de metal avec des dizaines de sous catégories. J’ai l’impression que les groupes de cette époque écrivaient des chansons puissantes avec des mélodies, ce qui confère à leur musique une certaine intemporalité. Un bon riff, c’est super, mais s’il y a en plus une bonne mélodie, c’est le nirvana. Je pense qu’avec Richie, on essaie de s’inspirer de la musique de cette époque pour façonner la nôtre.

Vos deux guitares se mélangent davantage également. Heureusement que vous êtes pannés en gauche/droite, parce qu’à certains moments, on se demande qui joue quoi…
C’est intéressant ce que tu dis, parce que moi, évidemment, je perçois les choses différemment, puisque je regarde les choses de l’intérieur vers l’extérieur. Richie possède un jeu beaucoup plus technique que le mien. Moi, je suis moins précis et plutôt du genre  » à fond les ballons  » (rires). Mais je pense que nos deux styles se marient super bien. L’idée, c’est d’éviter de superposer des couches de guitares. De ce fait, ce que vous entendez sur l’album, c’est à peu près ce qu’on jouera sur scène. Il n’y a que deux pistes de guitare en réalité. Je suis à gauche et Richie à droite. On va dire que ce n’est pas hyper produit en comparaison de beaucoup d’albums actuels, et ce cette approche organique commence à se faire assez rare. La plupart des gens ne se rendent même plus compte que 90% de la musique qu’ils écoutent est informatisé. Tout ce qui est joué est superposé à la grille d’un logiciel, et les producteurs se servent de l’ordinateur pour tout remettre dans les clous. Les notes un peu fausses sont corrigées, les batteries sont recalées et finissent par sonner de façon mécanique, et même les voix sont traitées et ne sonnent plus comme de vraies voix. On sert aux gens un truc tout cuit et aseptisé qui n’a plus rien d’humain. Notre motivation est toute autre. Nous voulons jouer ce que j’appelle « la vraie musique du cœur ». C’est ce qu’on fait aussi avec Iron Maiden. Nous n’avons jamais eu besoin de nous cacher derrière des effets de production. Évidemment, il faut avoir une bonne production, mais sans que ce soit excessif. Il faut garder ça authentique, et c’est ce qu’on essaie de faire.

D’ailleurs, vous enregistrez en live depuis longtemps avec Maiden…
Ouais, exactement. Bien sûr, nous profitons des avantages du numérique, parce que cela permet de gagner du temps, mais nous n’avons pas bâti notre carrière là-dessus comme l’ont fait certains. Il y a des groupes qui ne peuvent pas faire un concert sans leur laptop. Je ne critique pas, et si c’est ce que vous voulez faire, OK. Je dis simplement que n’est pas ma tasse de thé.

« J’ai l’impression que les groupes des 70’s écrivaient des chansons puissantes avec des mélodies, ce qui confère à leur musique une certaine intemporalité. »

Et tout ça risque d’empirer encore davantage avec l’IA…
Ouais, c’est dingue. Je ne sais pas quoi dire là-dessus, à part que ça craint. On a pensé que c’était en train d’arriver, mais la réalité, c’est que nous sommes déjà submergés de sons et d’images qui n’ont plus rien de réel. Je trouve ça vraiment flippant.

Vous composez toujours à quatre mains, Richie et toi ?
Ouais. Soit j’apporte un riff et une idée de chansons et il contribue, soit c’est l’inverse, et puis on s’assoit ensemble pour bosser sur les paroles. Richie est vraiment à fond sur les paroles, c’est une priorité pour lui, et il passe beaucoup de temps à les peaufiner. Il dit que c’est comme des énigmes qu’il faut parvenir à résoudre. On a un titre de chanson et des phrases grattées ici et là, et ensuite, le jeu consiste à assembler toutes les pièces pour ça colle. Et quand je vois ce le résultat, je pense que ça vaut toutes ces heures passées à transpirer autour d’une feuille de papier. Moi, je stocke tout dans mon iPhone. J’ai de tout : des bouts de phrases, des titres de chansons, des riffs… C’est d’ailleurs une habitude qui a failli me coûter cher il y a quelques années lorsque j’ai perdu mon téléphone durant une tournée aux USA avec Maiden. Après un concert, on devait filer illico à l’aéroport pour rejoindre la ville suivante. On est sorti de scène pour monter direct dans un van, on a pris l’autoroute, et comme c’était l’été, on s’est arrêté dans une station-service pour faire un brin de toilette et nous changer. En remontant dans le van, dans le noir, j’ai fait tomber mon téléphone et je ne m’en suis rendu compte qu’au moment de prendre l’avion. Dedans, il y avait littéralement des centaines de vidéos de moi jouant des riffs pour ne pas les oublier.

J’imagine que tu avais tout sauvegardé dans un cloud…
Pfff… Non, même pas, je n’avais aucune sauvegarde et pour couronner le tout, mon téléphone n’était pas non plus protégé par un code. J’étais au bout de ma vie. Le mec qui a fini par le retrouver aurait très bien pu tout balancer sur internet. Imagine : le monde entier aurait pu me voir en train de jouer des riffs inédits de Maiden et de Smith/Kotzen en sous-vêtements dans des chambres d’hôtel (rires). Heureusement, il a été très sympa. Il a contacté notre bureau et me l’a renvoyé. Peut-être qu’il a tout copié va savoir. Tout ça pour dire qu’il n’y a jamais de pénurie d’idées. Richie est super pour les refrains, grâce à sa tessiture, et moi j’apporte beaucoup de riffs, et ça marche super bien.

Qui a joué les basses sur l’album ?
Richie en a joué la plupart et il a également enregistré pas mal de batteries. Sa femme Julia Lage joue aussi super bien de la basse et elle nous a filé un coup de main sur quelques morceaux. J’ai posé quelques lignes également. J’aime bien jouer de la basse. J’en avais fait une bonne partie sur le premier disque, mais bon, Richie gère vraiment, il va beaucoup plus vite que moi en studio.

Y a-t-il des chansons sur le nouvel album qui ont une signification particulière à tes yeux ? Des morceaux qui incarnent vraiment ce que vous partagez avec Richie ?
Il y a une chanson que j’ai apportée qui s’intitule « Dark Side » et qui est plutôt triste, mais en même temps pleine d’espoir. Elle raconte l’histoire d’un type qui n’a pas eu de bol dans la vie et qui a besoin d’un coup de main sortir la tête de l’eau. C’est une idée toute simple, mais beaucoup de gens peuvent s’y identifier, et quand on la joue en live, elle me procure toujours une certaine émotion. C’est pareil avec « Black Light », une chanson qui parle du fait d’analyser une relation sous un autre angle en considérant les gens tels qu’ils sont vraiment, parce que les choses ne sont pas toujours ce qu’elles paraissent. Bref, il y a beaucoup d’histoires qui tournent autour des relations et de la condition humaine.

Quel matos vas-tu utiliser sur cette tournée européenne ?
Je ne vais pas emporter le Marshall JMV400 que j’utilise avec Iron Maiden, parce qu’il a beaucoup trop de potards et de boutons (rires). J’aurais la version simplifiée, le JMV210. Avec deux ou trois bonnes pédales, ce sera épuré et parfait. J’utiliserais mes Jackson signature et une Les Paul Custom que j’ai ressorti. C’est marrant, parce que je l’avais depuis une dizaine d’années, mais je ne l’aimais pas trop. Je pense que le bois a dû travailler pendant toutes ces années, parce qu’elle sonne très bien désormais. Ça m’a déjà fait le coup avec d’autres guitares neuves. Elles ont besoin de se roder.

« La plupart des gens ne se rendent même plus compte que 90% de la musique qu’ils écoutent est informatisé. On leur sert un truc tout cuit et aseptisé qui n’a plus rien d’humain. »

 

Nous t’avons vu récemment avec une Jackson qui ressemble comme deux gouttes d’eau à ta vieille Ibanez Destroyer rouge de la période The Number of the Beast. Tu ne la joues plus ?
Ouais, ils en avaient fait une copie et ils me l’ont donné. L’idée qu’ils avaient derrière la tête était d’en faire une série, mais ça ne s’est pas fait. En revanche, j’ai ressorti l’Ibanez originale dont tu parles pour la dernière tournée de Maiden, un peu par nostalgie, et c’est toujours une très bonne gratte.

Quel est ton avis sur les modélisateurs ? Je crois que vous avez adopté le Axe-FX avec Maiden…
Non, non, clarifions les choses : c’est juste Dave qui est passé sur cette bécane, peut-être parce qu’il trouve ça plus pratique, mais moi, je suis toujours sur mes amplis Marshall. J’ai utilisé ça toute ma vie, je me sens vraiment à l’aise avec ce matos, alors pourquoi changer ce qui fonctionne déjà ? Le Fractal de Dave émule le son du Marshall qu’il utilisait avant, alors franchement, autant y aller direct et utiliser le vrai truc, non ? Je me suis acheté des plug-ins pour avoir de quoi faire un peu de son dans mon ordi, mais ça me gave tellement que six mois après, je ne les avais toujours pas téléchargés (rires). Honnêtement, si vous cherchez le Graal, ne  tergiversez pas et branchez-vous dans un bon ampli, ça marchera toujours !

Ludovic Egraz

Adrian Smith et Richie Kotzen joueront à Paris au Trianon le 6 février 2026, un concert exceptionnel à ne rater sous aucun pretexte !
Réservez vos places ici : https://www.aegpresents.fr/event/smith-kotzen/

Smith/Kotzen – Blindsided (Official Lyric Video)