Epica + Amaranthe + Charlotte Wessels
Le symphonisme au féminin

Au tournant des années 2010, le heavy metal symphonique connaît une mue spectaculaire. Longtemps bastion masculin, le genre voit surgir une nouvelle vague féminine menée tambour battant par Within Temptation et Nightwish, bientôt rejoints par After Forever. C’est justement de ce groupe qu’est né Epica, fondé par Mark Jansen après son départ. Depuis, le guitariste a su imposer sa vision : un métal massif où la sophistication orchestrale rivalise avec la puissance brute. Et tandis que son ancienne camarade Floor Jansen triomphe désormais avec Nightwish (vous suivez ?), Mark peut savourer sa revanche : Epica n’a jamais paru aussi fort.
Charlotte Wessels, la grâce en solo
La soirée s’ouvre sur Charlotte Wessels, enfin libre de tracer sa propre route après l’aventure Delain. Sur scène, le décor se veut minimaliste : quatre musiciens, quelques tournesols enlacés au pied de micro et un rideau rouge qui scelle l’horizon. Au centre, Charlotte surgit — allure féline, prestance naturelle, tenue dorée épurée, juste ce qu’il faut pour captiver sans en faire trop. Tout, chez elle, respire la sincérité et le contrôle. Chaque morceau se déploie comme une confidence, et si le public reste un brin réservé, l’émotion, elle, circule à plein. Entre les titres, Charlotte prend la parole avec une aisance rare : le dialogue s’instaure, authentique. Une ouverture tout en retenue et en grâce.


Amaranthe : la machine bien huilée
Puis Amaranthe entre dans l’arène, et là, changement brutal de décor. Le trio vocal occupe l’avant-scène tel un bataillon en marche, soutenu par une section rythmique verrouillée et chirurgicale. Le show, ultra rôdé, enchaîne les salves électroniques et les refrains calibrés pour le KO. Les effets visuels, un brin kitsch, évoquent un univers futuriste de carton-pâte… mais ça fonctionne. Le son est tout simplement impeccable, dense et clair à la fois. Les titres se succèdent à une cadence métronomique, un peu trop peut-être, mais l’efficacité est au rendez-vous : rien ne dépasse, rien ne faiblit.


Epica, la majesté triomphante
Quand Epica prend enfin possession de la scène, c’est une montée en puissance évidente : tout se resserre, tout s’élève. Simone Simons apparaît sur une plateforme noyée de fumée, apparition quasi mystique qui fait aussitôt chavirer la salle. Le son est colossal, l’énergie collective palpable ; chaque musicien semble porté par la ferveur du public. Les décors d’Amaranthe ont disparu, place à une scénographie majestueuse où les écrans et la plateforme deviennent terrain de jeu pour Simone et ses compagnons.


Deux voix, une même lumière
Moment suspendu : Charlotte Wessels revient pour un duo d’une rare intensité. Leurs voix s’entrelacent, complices, puissantes, magnifiquement complémentaires. Deux reines d’une même couronne, visiblement ravies de partager la lumière. Le public, conquis, leur offre une ovation méritée.


Epica, outsider devenu incontournable
En clôture, Epica confirme son statut d’outsider majeur du metal symphonique. Tout y est : précision, ampleur, émotion. Si Within Temptation garde l’avance de l’histoire, Epica joue dans la même cour (peut-être même avec plus de panache ce soir au Zénith de Paris). Un concert d’exception, à la hauteur d’un groupe désormais incontournable.




Texte et photos par Vassago
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