Edito
L’été que nous venons de traverser n’a pas vraiment laissé de place à l’insouciance. La chaleur s’est imposée partout, accablante, suffocante, rendant parfois les choses les plus simples beaucoup plus compliquées, comme, par exemple, le simple fait de jouer et de monter sur scène. Des festivals ont dû s’adapter dans l’urgence, certains ont carrément été contraints de disparaître de l’agenda, et sur les plateaux, sous le cagnard, les conditions ont parfois poussé les musiciens dans leurs derniers retranchements. Joel O’Keefe d’Airbourne nous racontait avoir été au bord de l’évanouissement en plein set et avoir vécu un blackout d’une minute avant de retrouver ses esprits (interview à savourer dans notre prochain numéro). Intense, mais loin de l’image qu’on se fait du fun d’un concert de rock. Sans donner dans la grandiloquence, difficile de ne pas sentir qu’une limite irrémédiable a déjà été franchie, que le monde d’après est arrivé, et qu’il n’augure qu’une transition vers le pire (grosses pensées pour celles et ceux qui ont tout perdu dans les flammes ayant ravagé la France). La musique continue, heureusement, mais peut-elle vraiment faire abstraction de cette réalité ? Nos façons de tourner, de produire, de consommer aussi, s’inscrivent dans ce contexte. Pas besoin de pointer du doigt qui que ce soit, mais juste peut-être de garder ça en tête, tranquillement, et d’essayer d’agir à notre niveau. Et puis il y a ce qui nous rassemble vraiment. Ce moment où tout s’efface derrière une guitare, un son, une intention… Dans ce numéro, nous sommes particulièrement heureux de mettre en lumière Mateus Asato. En moins d’une décennie, le guitariste nippo-brésilien a bouleversé les codes de l’instrument, avec un jeu à la fois ultra-précis et profondément habité. Son album ASATO parle pour lui. Pour sa première fois dans Guitare Xtreme, on tenait à faire les choses en grand avec une interview XXL que nous attendions depuis très longtemps. Le magazine aussi évolue. Une nouvelle maquette, plus claire, plus ouverte et aussi de nouvelles rubriques… Pas question de changer radicalement de cap, mais simplement d’affiner notre façon de nourrir votre passion.
Bonne rentrée à toutes et à tous et… let there be rock!
Numéro 159
7,90€
Description
EN COUV’
26 / MATEUS ASATO
L’impressionniste




