JUDAS PRIEST + NEVERMORE – Le Zénith de Paris – 17/09/26
Les Metal Gods débarquent à Paris

Judas Priest et la France c’est une grande histoire d’amour. A peine deux ans après leur dernier passage dans cette même salle et pas moins de 4 dates offerts dans l’hexagone pendant l’interval, les Anglais reviennent défendre leur statut de dieux vivant du Heavy Metal. Pour les aider ce soir Nervermore fait partie des renforts.

Une Première Partie de Haute Volée
Nevermore, groupe américain formé par d’ancien membre de Sanctuary et qui compte dans ses rangs Jeff Loomis que nos lecteurs connaissent forcément. Pour les autres il est aussi connu pour ses efforts en solo comme guitar hero et son passage dans Arch Ennemy. Il a également participé à des enregistrements de Marty Friedman, Annihilator et Stephan Forté. C’est un incontournable de la sphère guitaristique metal. Première partie de luxe donc ce soir au Zenith.

Des riffs aiguisés et sans artifice
Pourtant le groupe n’est pas aidé par la mise en scène plutôt pauvre. On a droit à quelques lights donnant une lumière assez brute. Le groupe devra donc convaincre sans artifice et ils ont le savoir-faire pour ça. Le remplaçant de Warrel Dane disparu il y’a 9 ans et qui avait mis un gros coup de frein au groupe, assure sa place avec talent, il est sur tous les fronts en soutient quand il ne chante pas et en première ligne s’adressant aux premiers rangs. De chaque côté de la scène Jeff Loomis et le jeune Jack Cattoi balancent des riffs qui trouent les fonds de culottes à grand renfort de mouvement de cheveux. La nouvelle mouture 2026 qui signe le grand retour du groupe paraît solide.


Un public discret mais fidèle au poste
Hélas côté public c’est un peu le grand nord. On perçoit bien un soutien d’estime de la part des plus motivés, mais l’écrasante majorité venue ce soir pour Judas reste dans l’apathie. Est-ce le style un peu trop moderne de Nevermore qui laisse sur place un public à la moyenne d’âge proche de la soixantaine ? En tout cas le groupe n’aura pas démérité et les plus ouverts auront certainement apprécié ce concert.

Setlist :
1- Narcosynthesis
2- My Acid Words
3- Inside Four Walls
4- The River Dragon Has Come
5- The Heart Collector
6- Engines of Hate
7- Born
8- Enemies of Reality
Priest ou le triomphe incandescent
Et pour Judas Priest, la lumière fut ! Un déluge de lumière même, elle sort de partout, boule à facette, poursuites, contres, douches, écrans qui dégueulent des images en mode stroboscopique et lasers vengeurs pour nos pupilles. Si nos yeux sont à la fête, nos oreilles ne sont pas ignorées. Rob Halford a l’air particulièrement en forme ce soir. Il arpente la scène de long en large comme à son habitude, visite ses guitaristes à tour de rôle et ne manque jamais d’aller titiller le public pour le faire réagir. La voix ne flanche jamais, le terrain est occupé. Ian Hill à la basse toujours bloqué en fond de scène pas trop loin de la batterie se balance en rythme, souvent tout seul il reçoit la visite des guitaristes régulièrement pour bouger en synchro. A la batterie, le smile est au rendez-vous avec Scott Travis, comme pour démontrer que même en enchaînant les tournées il est encore possible de s’éclater derrière les futs. L’envie d’en profiter est toujours présente.


Les vétérans de la fosse en action
Dans le public les darons assis ne perdent pas une miette du show. Certains sont accompagnés par les convertis de grès ou de force qui prennent ce soir une leçon de old school façon fessée cul nu. Dans la fosse tout le monde est au max, ça bouge peu mais on sent une vraie ferveur. Ça voudrait faire plus, mais ça ne peut plus. Le public du Priest n’est plus de première jeunesse, mais il sait encore lever le poing quand il faut ! Breaking the law !


Nostalgie connectée et jeunes générations
Par endroit on croise des jeunes filles qui semblent vivre leur meilleure vie en selfie et qui ressortent aussi vite de la fosse trophée en main pour montrer à quel point elles kiffent Judas Priest, témoignage qu’un vieux groupe de heavy metal peut encore susciter la hype sur les réseaux sociaux même si celle-ci est aussi artificielle que le reste. Elle a vieillie notre génération metal, mais qu’est-ce qu’elle est belle putain ! Toujours là en soutien indéfectible pour les groupes comme Judas. Ils connaissent tous les titres et les chantent les mains levées. Quelques portables immortalisent des images qui ne seront jamais regardées mais qui feront le bonheur des algorithmes avant de passer à l’artiste suivant après une digestion éclaire.


Une légende vivante indestructible
Vous l’aurez compris, Judas Priest c’était the place to be ce soir-là pour qui voulait fêter cette longévité exceptionnelle dans les décibels. Qu’on soit jeune ou vieux, metalleux ou simple curieux, il fallait y être.

Par Vassago
Photo : ©VPhotographie
Setlist :
1- You’ve Got Another Thing Comin’
2- Metal Gods
3- Breaking The Law
4- The Ripper
5- The Sentinel
6- Desert Plains
7- Lightning Strike
8- Turbo Lover
9- Steeler
10- Delivering the Goods
11- Panic Attack
12- Victim of Changes
13- No Surrender
14- Painkiller
15- Electric Eye
16- Hell Bent for Leather
17- Living After Midnight



