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N°161

SPIRITBOX + JINJER + DYING WISH – La Seine Musicale – 09/10/26

SPIRITBOX + JINJER + DYING WISH – La Seine Musicale – 09/10/26

Soirée K.-O. à La Seine Musicale

©V.Photographie

Une fois n’est pas coutume, le metal s’invite à La Seine Musicale. Et pas n’importe lequel : celui qui bastonne bien comme il faut, avec pour point commun entre les trois groupes du soir d’être tous menés par des femmes. Spiritbox, Jinjer et Dying Wish ont fait tourner la Seine !

Dying Wish, du kick et du growl
On les avait découverts au KaveFest cette année et leur court passage avait laissé des traces. Ce soir, ils ouvrent les hostilités sous une lumière basique et avec un espace restreint. Mais ça ne va pas les arrêter. Dying Wish a décidé de marquer le coup ce soir avec son metalcore mélodique. Le groupe est très mobile et déterminé à faire faire du sport au public. Au programme : du cardio avec circle pit, wall of death et pogo en étirement pour éviter les courbatures, mais pas les bleus. Par moments, on se demande s’il ne s’agit pas d’un cours de fit déguisé en concert de metal. En tout cas, ça fonctionne : le public, déjà bien présent, répond à chacune des invitations, même si l’on sent que dans le fond du pit, certains jouent la carte de l’observation circonspecte.

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Jinjer, la maîtrise du feu
Avec Jinjer, on change d’ambiance. Leur mélange de death mélodique, associé à des ouvertures vers des rythmiques progressives, invite le public à un exercice d’attention. Un concert des Ukrainiens, ça se savoure limite dans le calme. Pourtant, ça bastonne, même si les derniers albums flirtent plus souvent avec la mélodie que par le passé. Quelle leçon de mise en place, quelle voix qui passe du scream au growl tout en maîtrisant un chant clair cristallin et chaleureux ! Sur scène, le groupe se fait discret et technique pendant que Tatiana s’occupe d’assurer le show. Sans en faire des caisses, elle dégage naturellement un charisme qui en impose : un simple regard suffit à capter l’attention. Entre les morceaux, elle s’adresse à tout le monde, mais s’adresse tout particulièrement aux femmes, qu’elle représente ce soir comme la preuve qu’elles peuvent devenir tout ce qu’elles veulent. La preuve par l’exemple est toujours plus efficace que les grands discours. Jinjer nous est apparu ce soir bien plus en phase que lors de leur passage en tête d’affiche à l’Olympia, qui nous avait laissé un goût de trop-peu en matière d’éclairage.

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Setlist Jinjer :

  1. « Perennial »
  2. « Pit of Consciousness »
  3. « Green Serpent »
  4. « Call Me a Symbol »
  5. « Vortex »
  6. « I Speak Astronomy »
  7. « Someone’s Daughter »
  8. « Judgement (& Punishment) »
  9. « Pisces »
  10. « Duél »

Spiritbox, froides émotions
Qui d’autre que Spiritbox pouvait relever le défi de passer après deux bulldozers sans frémir ? À l’aide d’une scénographie aux petits oignons, les Américains imposent une ambiance sombre, un univers mélancolique peuplé de larmes et d’ombres. De grands écrans de chaque côté et en arrière-scène diffusent des animations de très belle facture, tandis qu’une pluie de confettis et des jets de fumée blanche complètent le tableau. Spiritbox s’occupe de nos yeux. Comme pour Jinjer, le groupe s’articule autour d’un trio guitare-basse-batterie, mais avec une participation très active des musiciens en avant-scène. De son côté, Courtney irradie au centre par son chant et sa retenue. Le moment n’est pas aux cascades, mais plutôt à l’ouverture des chakras : on est dans l’introspection violente, le goth torturé. Le public en transe en redemande et le concert s’achève en apothéose après un moment de récréation en compagnie d’Emma, la chanteuse de Dying Wish, pour « Holy Roller ».

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Setlist Spiritbox :

  1. « Fata Morgana »
  2. « Black Rainbow »
  3. « Perfect Soul »
  4. « Keep Sweet »
  5. « Soft Spine »
  6. « Cellar Door »
  7. « Jaded »
  8. « The Void »
  9. « Tsunami Sea »
  10. « Circle With Me »
  11. « Holy Roller » (with Emma Boster)
  12. « Sew Me Up »
  13. « Crystal Roses »
  14. « Ride the Wave »
  15. « Mourning »

Des voix de fer dans des gorges de velours
Les trois chanteuses du soir auront assuré le show, démontrant une fois de plus que le monde du metal burné peut très bien se passer de burnes. À l’énergie s’ajoute la bienveillance, une ambiance plus sereine et un discours féministe beaucoup plus ouvert que le metal d’antan. Pas d’étalage de chair outrageuse ici : le talent ne passe pas par les formes nues, mais se concentre dans le savoir-faire et une certaine éthique. Sans renier la violence qui fait l’essence même de cette musique, le plateau du soir prouve qu’il est tout à fait possible de botter des culs en douceur. On n’arrête pas le progrès !

Par Vassago
Photo : ©VPhotographie