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N°160

ANGRA – L’Olympia – 23/09/26 // Pèlerinage nostalgique à l’Olympia

ANGRA – L’Olympia – 23/09/26

Pèlerinage nostalgique à l’Olympia

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Il y a 30 ans, Holy Land sortait en France sur le label NTS. Après un premier album déjà excellent, ce second opus enfonce le clou et inscrit définitivement Angra au panthéon des groupes de heavy incontournables. Il deviendra le fer de lance de toute une scène qui fera le bonheur de nos oreilles dans les années 2000. Aujourd’hui encore, cette influence persiste, même si la mode est retombée. Avec ce concert anniversaire, nous allons faire un voyage temporel.

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Dans les pas d’André
Lorsqu’on évoque Angra, cela rappelle immédiatement la première période du groupe, avec un line-up quasiment parfait et Andre Matos. Un chanteur d’exception que le groupe n’a jamais vraiment réussi à remplacer, malgré de vrais talents parmi ceux qui se sont succédé au poste (Eduardo Falaschi et Fabio Lione, ex-Rhapsody, n’ont pas démérité). Ce concert introduit donc un nouveau candidat en la personne d’Alírio Netto, que l’on connaît principalement pour sa participation au tribute à Queen dans sa version sud-américaine : Queen Extravaganza. Si l’on cherche un peu plus loin, on constate qu’Alírio n’en est pas à son coup d’essai avec Angra, puisqu’il est déjà monté sur scène avec eux en 2016 et 2017 au Brésil. On notera aussi qu’il est la nouvelle voix de Shaman et qu’il tourne régulièrement avec Kiko Loureiro. Ce mercenaire vocal n’est décidément jamais très loin de tout ce qu’a touché Andre Matos.

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Kiko au bercail
La promesse de cet Olympia ce soir, c’est avant tout le retour au bercail de Kiko Loureiro. Mais pour ceux qui espéraient un retour pérenne, c’est raté : en effet, le guitariste n’est présent que pour fêter les 30 ans de Holy Land avec son ancien camarade Rafael Bittencourt, dernier rescapé du line-up d’origine. C’est aussi la joie de revoir un groupe qui a compté en France pour le heavy metal mélodique. Et sur ce point, on peut dire que le contrat est rempli, car tous les présents ont passé un excellent moment.

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Holy Land au cœur du set
Le concert s’articule autour de l’album Holy Land, qui est joué en intégralité avec Kiko à la guitare. Le reste des titres est assuré par Marcelo Barbosa. Et puisqu’on fait les présentations, retrouvons Felipe Andreoli à la basse (le plus ancien membre présent après le premier changement de formation, puisqu’il a rejoint le groupe dès le second line-up), Bruno Valverde à la batterie, ainsi qu’un percussionniste. Un entracte est prévu pour souffler au milieu du spectacle, ce qui constitue une première incompréhension : pourquoi ne pas avoir divisé le concert avec une première partie consacrée aux titres de la discographie et une seconde dédiée à l’album Holy Land joué d’une traite, plutôt que de placer ce dernier au milieu et de lui faire subir cette pause ?

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First Blood
La première partie commence avec Barbosa comme guitariste soliste. « Carry On » ouvre le concert comme à la grande époque, et c’est un pur régal. Le groupe joue magnifiquement bien : Angra n’a rien perdu en technicité. Les solos sont assurés, alors que la pression doit être à son comble avec Kiko en coulisses. Le public réagit au quart de tour, et les quelques Brésiliens dans la salle se font entendre un peu plus fort pour se faire remarquer par les musiciens, qui sont ravis de les voir. Même si la salle n’est pas pleine (environ les trois quarts à notre avis, avec un balcon quasiment complet et un peu d’espace pour circuler dans la fosse), le public est au taquet. Sur scène, c’est un peu plus statique que dans nos souvenirs : Rafael a plus souvent le nez sur son manche et, malgré de gros efforts de présence, le chanteur n’arrive pas à s’imposer comme un leader et se met pas mal en retrait quand les guitares prennent le relais. À noter une aura particulière chez Felipe, qui ne s’excuse pas d’être là. Dans l’ensemble, on sent tout de même un léger manque de connivence générale. Mais cela s’explique, car il s’agit seulement de la seconde date pour ce set avec un line-up presque neuf (la précédente ayant eu lieu en Grèce) : on est en rodage, autrement dit.

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Sur l’échelle d’André Matos
Alirio Netto est un très bon chanteur, il offre ce soir un bel aperçu de son savoir-faire et ne semble pas avoir grand-chose à prouver. Pourtant, on le sent très souvent face à ses propres limites lorsqu’il chante Angra. C’est qu’une prise de conscience s’opère. André Matos était un chanteur exceptionnel, du genre de ceux qu’on ne remplace jamais comme il faut. Et là où d’autres groupes joueraient la carte de l’adaptation à la nouvelle voix, Angra n’a pas la permission de son public, car c’est précisément ce qu’il aime chez Angra : la performance est aussi importante que la richesse de la composition. Si Alirio arrive à monter aussi haut qu’André, ce qui est déjà une prouesse technique, il lui manque ce petit quelque chose dans le formant de la voix, ce timbre chaleureux qu’André arrivait à conserver même dans les notes les plus aiguës poussées en voix de tête. C’est particulièrement audible sur la reprise de Kate Bush, « Wuthering Heights », qui poussait la voix dans des aigus extrêmes. Il est très difficile de rester mélodieux lorsqu’on est à la limite de ses capacités : la voix entre alors dans une forme de force brute qui permet d’atteindre les notes sans réellement les faire chanter. Bref, vous l’aurez compris, André Matos nous manque. Les fans ont longtemps espéré une reformation qui n’arrivera jamais.

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Second Round
« Nothing to Say » démarre juste à la suite de « Wuthering Heights » et Kiko entre en piste, poussant Barbosa gentiment dans les stands. Le guitariste démontre avec son savoir-faire habituel qu’il n’a rien oublié de ce qu’il a apporté au Angra de cette époque. Les titres d’Holy Land vont s’enchaîner, quatre avant l’entracte et cinq après. C’est au milieu de cette seconde partie de concert qu’un moment intimiste va s’installer entre les deux membres originels du groupe, avec « Lullaby for Lucifer » chanté par Raphael pendant que Kiko gère la guitare acoustique. Un moment de connivence qui rassure, d’autant plus que les deux protagonistes paraissent assez distants sur scène, chacun de leur côté. Il y aura bien ce petit moment où ils vont headbanger de concert, comme ils avaient l’habitude de le faire dans les années 2000. Un jeu de scène qui avait un peu fait leur marque de fabrique à l’époque. La fin du concert voit Barbosa reprendre la place qui lui revient désormais pour les trois derniers titres. « Rebirth » et « Nova Era », en toute fin de concert, nous replongeront dans la seconde vie du groupe avec Edu qui, en son temps, n’avait pas démérité non plus dans l’entreprise difficile de prendre la suite d’André au chant. On y revient…

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20 ans again
Angra, ce soir, nous aura permis de retrouver un bout de nos 20 ans, un peu comme on les regarde à travers le verre déformant du temps. Une déformation entre l’idéalisation d’une époque que le cerveau magnifie pour combler les lacunes de sa mémoire, et celle d’un présent quand même un peu moins flamboyant (les musiciens sur scène vieillissent comme nous), mais toujours volontaire et généreux. La soirée aura été excellente : Angra est toujours debout malgré le temps, malgré les changements de line-up, et musicalement, c’est toujours impeccable. Les chouchous du Nouveau Monde seront toujours les bienvenus dans la France de l’Ancien. Merci encore et viva o Brasil !

Par Vassago
Photo : ©VPhotographie

Setlist :
1 – Carry On
2 – Lisbon
3 – Tide of Changes – Partie 1
4 – Tide of Changes – Partie 2
5 – Angels and Demons
6 – Wuthering Heights
7 – Nothing To Say (kiko)
8 – Silence and Distance (kiko)
9 – Carolina IV (kiko)
10 – Holy Land (kiko) 

— Entracte — 

11 – The Shaman (kiko)
12 – Make Believe (kiko)
13 – Z.I.T.O. (kiko)
14 – Deep Blue (kiko)
15 – Lullaby for Lucifer (kiko)
16 – Waiting Silence
17 – Rebirth
18 – Nova Era