Edito
Cela fait des années qu’on nous ressert le même refrain usé jusqu’à la corde : « La guitare est morte », « Les guitar heroes ont disparu. » À en croire certains « experts en musicologie » des réseaux sociaux, la nouvelle génération aurait tourné la page et notre vieille six-cordes adorée serait bonne pour le musée, balayée par les algorithmes et la pop jetable. Big mistake ! Ces derniers commettent l’erreur de regarder le paysage musical avec les yeux d’hier et cherchent les icônes là où elles ne sont plus. Car la réalité du terrain, celle que nous vivons chaque jour et qui transpire dans toutes les pages de ce magazine, est radicalement différente : la guitare se porte bien. Peut-être mieux que jamais, même. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder notre « homme de couverture ». Avec son blues hard rock sauvage, débridé et blindé de feeling, Jared James Nichols prouve que le classic rock n’a pas pris une ride ni perdu un gramme de sa fureur. L’incendie continue de tout dévaster, c’est juste qu’une nouvelle bande de pyromanes s’est emparée de la torche pour propager le chaos. La vraie force de la guitare, aujourd’hui, est d’ailleurs de refuser de se laisser enfermer dans une case. Regardez du côté de Plini, nouvelle figure de proue d’un metal prog en pleine ébullition interviewé dans ces pages : le mec est un véritable architecte sonore qui balance une créativité folle, capable de conjuguer technique monstrueuse et sensibilité mélodique à fleur de peau. Zéro démonstration gratuite, juste une once de génie. Et que dire de Mateus Asato ? Alors qu’il s’apprête enfin à lancer sa première vraie tournée solo (dont Guitare Xtreme est partenaire), ce phénomène continue de redistribuer les cartes du guitar game avec son premier album, Asato, affichant une profondeur et une âme dignes de celles des plus grands maîtres. Cette effervescence contemporaine ne se fait pas pour autant au détriment de l’histoire, bien au contraire : elle dialogue avec elle. La preuve éclatante avec le légendaire Adrian Belew, véritable sorcier du son qui se confie dans ce numéro sur son univers expérimental unique et sur la très attendue tournée européenne de BEAT. Une démonstration parfaite que les pionniers n’ont pas dit leur dernier mot et continuent, encore et toujours, de bousculer nos certitudes. Des racines du blues aux expérimentations de demain, d’un riff qui cogne à la poésie d’un phrasé qui transperce le coeur, la guitare ne meurt jamais : elle se métamorphose, elle grandit et fascine toujours autant. Alors, restez curieux et laissez-vous embarquer par ceux qui font vibrer le présent.
Bonne lecture et let there be rock !
Numéro 157
7,90€
Description
EN COUV’
12 / JARED JAMES NICHOLS
L’instinct branché dans un plexi




