Edito
Regarder l’horizon, en ce moment, c’est un peu comme fixer un ciel d’encre prêt à nous tomber sur la tête. L’humanité s’englue dans une étrange pénombre, entre ces séismes lointains qui nous dépassent mais dont nous subissons les répliques sismiques et le retour décomplexé de spectres que l’on croyait définitivement fossilisés. Le tableau est désolant, sans parler de cette porosité toujours plus prégnante entre nos logiciels politiques occidentaux vieillissants et une matrice technologique omniprésente. Ange salvateur ou démon dystopique ? Who knows… Une chose est certaine, les ayatollahs de la Silicon Valley, anciens hippies-chics qui paradaient jadis à Burning Man (la fameuse « Billionaires’ Row » de Black Rock City), se tournent aujourd’hui vers un techno-autoritarisme assumé, avec la bénédiction de nos élus (merci à monsieur Attal et ses amis pour le torpillage en règle de la loi Darcos censée protéger nos créations face au lobbysme féroce des IA génératives). Au secours, et sauve qui peut ! Pour faire face, il nous reste bien peu de choses, si ce n’est notre passion et aussi une bonne dose d’utopie. Comme l’exprime avec justesse Julien Bitoun dans sa rubrique, notre communauté de saltimbanques et d’alchimistes du son reste une famille bien à part qui ne se laisse pas tordre le bras si facilement (clin d’oeil au fonds d’investissement détenant Fender qui se mange un effet boomerang dans les dents après sa tentative d’agression choquante envers de moyens et petits fabricants). Nous aimons nous retrouver et vibrer ensemble au son des guitares, comme il y a quelques semaines au Miremont Guitares Festival et très bientôt au Bordeaux Star Guitar, événement qui s’apprête à rallumer ses étoiles après une première édition très réussie l’année dernière. Cette beauté d’être réunis et de célébrer, nous la retrouvons aussi dans le live, comme lors de ce showcase de Jared James Nichols à Paris, durant lequel le colosse au coeur d’or a dispensé sa positivité contagieuse et son free spirit dans chaque bend, ou encore le soir du concert parisien de The Aristocrats avec un Guthrie Govan égal à lui-même qui a de nouveau défié les lois de la gravité. Il y a aussi ces premières images de la tournée de Rush avec une Anika Nilles extraordinaire, qui conjugue coeur et talent pour redonner miraculeusement vie à ces morceaux iconiques, pour le plus grand bonheur des fans du géant canadien. Alors, ne lâchons rien. L’été et sa promesse de grands soleils est déjà là et les festivals nous ouvrent leurs bras. Engouffrons-nous dans le bruit, cramons l’instant présent et laissons le reste au vestiaire… Pour l’instant.
Toute l’équipe vous souhaite de belles et bonnes vacances.
Bonne lecture et let there be rock !
Numéro 158
7,90€
Description
EN COUV’
12 / SIMON McBRIDE (DEEP PURPLE)
Purple Reign




