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N°156

MATTEO MANCUSO + GUILLAUME MUSCHALLE – L’ALHAMBRA – 05/05/2026

MATTEO MANCUSO + GUILLAUME MUSCHALLE – L’ALHAMBRA – 05/05/2026 

Maestro con brio

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Après une belle interview dans notre numéro 156, il était impossible de manquer le concert de Matteo Mancuso à l’Alhambra. Le guitariste sicilien y a déployé tout son savoir-faire, au cœur d’une ambiance particulièrement sobre et posée.

L’élégance acoustique de Guillaume Muschalle
Guillaume Muschalle, accompagné de Tristan Loriaut à la contrebasse, a la délicate mission d’ouvrir la soirée. Jouer avant Matteo est à la fois un honneur et un sacré challenge. Le duo nous embarque dans une ambiance organique et acoustique, oscillant entre atonalité et jazz manouche, où la technicité se mêle à un flottement intimiste. Le public les observe dans un silence presque religieux, sans le moindre chuchotement, même au fond de la salle. La communion est totale.

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Le virtuose de Palerme prend les commandes
C’est au tour de Matteo Mancuso d’investir la scène. Le guitariste originaire de Palerme a su s’entourer d’une section rythmique de haut vol : Riccardo Olivia à la basse et Gianluca Pellerito à la batterie, qui s’offrent de véritables moments de gloire et une grande liberté d’expression sur les titres joués ce soir. Venu présenter la suite de ses aventures musicales avec l’album Road 6, Matteo y puise une bonne partie de sa setlist, sans pour autant oublier son histoire en revisitant plusieurs classiques de son répertoire. Cerise sur le gâteau, il nous offre une reprise de « Cause We’ve Ended As Lovers » de Jeff Beck, dont il partage l’approche du jeu en fingerpicking sur guitare électrique. Une interprétation très personnelle qui résonne comme un magnifique hommage au très regretté guitariste britannique.

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Arsenal haut de gamme
Côté guitares, Matteo est endorsé par Yamaha, comme vous le savez certainement déjà. Ce soir, il alterne entre une Pacifica Custom Sunburst (équipée de deux simples DiMarzio Area 61 et d’un DiMarzio PAF 36th Anniversary en position chevalet) et une Revstar Custom Shop également Sunburst. Cette dernière, dotée de deux micros à double bobinage Lollar Imperial, offre une grande polyvalence grâce à son sélecteur à 5 positions avec câblage pour le coil-splitting. Deux modèles que l’on retrouve dans la gamme de produits Yamaha sous les références RSP20 et PAC612VIIX, mais équipées ici de micros différents. Pour faire sonner le tout, on a pu repérer un Line 6 Helix directement envoyé dans la table de mixage. Aucune trace ce soir du Marshall JCM 800 qu’il affectionne tant en dehors des tournées.

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L’effacement total de l’ego
Sur scène, Matteo paraît totalement décontracté dans son jeu. Tout semble simple : des plans à la synchro complexe au déluge de notes, en passant par les moments d’interprétation tout en finesse, rien ne lui résiste. Le seul reproche qu’on pourrait lui adresser serait de ne pas vraiment « faire le show ». Très sobre, presque effacé derrière son instrument, il prend la parole timidement pour présenter ses titres et raconter l’histoire de son dernier album, sans jamais chercher à surjouer ses émotions pour galvaniser la foule. On est dans une démarche de négation complète de l’ego. Le plan lumière est d’ailleurs en parfaite adéquation avec ce parti pris : simplement quelques néons parsemés jusque devant l’artiste et quelques gamelles en fond de scène.

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Le triomphe de la finesse musicale
Le public ne s’y trompe pas : sans faire le plein complet, la jauge est excellente. Les places assises du premier étage ont d’ailleurs été prises d’assaut par ceux qui voulaient profiter de la démonstration confortablement. Dans la fosse, l’attention est maximale. Si le silence est d’or durant les morceaux, les applaudissements nourris fusent entre chaque titre. Chacun est venu prendre une leçon de savoir-faire, et personne n’en perd une miette. Matteo Mancuso confirme ce soir son statut de virtuose de la scène. Une prestation magistrale qui rappelle, s’il en était besoin, que l’Italie n’excelle pas uniquement dans l’art de vivre, mais qu’elle sait aussi enfanter une musique fine, technique et précise. De quoi nous remettre en mémoire que Paganini, lui non plus, ne venait pas d’Amérique…

Texte et photos par Vassago

SetList :
1. Solar Wind
2. Falcon Flight
3. The Great Wall
4. Fire and Harmony
5. Silkroad
6. Cause We’ve Ended as Lovers (Syreeta cover) (Jeff Beck version)
7. Spain (Chick Corea cover)
8. L.A. Blues One
9. Isla Feliz
10. In the Morning Light
11. Black Centurion

Rappel :
13. Chicken (Jaco Pastorius cover)
14. Drop D