SMITH KOTZEN + KRIS BARRAS BAND – Le Trianon 06/02/2026
Le Blues-Rock en Héritage

Réunir deux guitar-heroes de légende sur un même projet, c’est le pari fou de ce duo. D’un côté, un pilier du heavy metal, de l’autre, un cador du hard mélodique. Tout semble les séparer, et pourtant, ces deux magiciens de la six-cordes se retrouvent autour d’un classic rock teinté de blues hyper léché, fort de deux albums solides. Le passage au live était obligatoire. Pour ouvrir le bal, le Kris Barras Band, peu habitué aux scènes hexagonales, honorait ce soir sa troisième date parisienne. Parfaitement raccord avec le mood de la soirée, leur blues rock moderne a chauffé à blanc un Trianon en cours de remplissage. Kris, par ailleurs frontman chez Supersonic Blues Machine, porte le show sur ses épaules, bien épaulé par un groupe discret mais efficace. Public conquis, contrat rempli !
Pour ouvrir le bal, on retrouve le Kris Barras Band. Peu habitué aux scènes françaises, le groupe annonçait ce soir son troisième passage parisien seulement. En parfaite adéquation avec l’esprit de la soirée, leur blues rock moderne et musclé a réussi à faire monter la température tandis que le public finissait de s’installer. Kris, qui officie également derrière le micro chez Supersonic Blues Machine, assure l’essentiel du show, soutenu par un groupe plus discret mais efficace. Mission accomplie : la fosse est conquise.



Un casting de haut vol
On ne présente plus Adrian Smith, architecte sonore d’Iron Maiden. Durant son break de neuf ans avec la Vierge de Fer, il n’a pas chômé : carrière solo florissante, piges de luxe sur les premiers opus de Bruce Dickinson et quelques pépites restées dans l’ombre. Face à lui, Richie Kotzen a marqué les esprits avec Native Tongue, souvent sacré meilleur album de Poison. Grand habitué des collaborations prestigieuses, il a ensuite brillé en mercenaire de luxe, notamment avec The Winery Dogs au milieu de pointures comme Mike Portnoy (Dream Theater) et Billy Sheehan (Mr. Big). Deux monstres sacrés aux pedigrees radicalement opposés qui, pourtant, fusionnent aujourd’hui leurs talents pour offrir un rock-blues modernisé et furieusement actuel.


Complicité, Watts et Énergie
Si le Trianon n’affiche pas complet ce soir, la fosse est confortablement remplie : l’idéal pour savourer le show sans finir compressé. Côté scène, l’espace est exploité avec une rigueur géométrique : les deux compères se postent aux extrémités, encadrant une batterie centrée derrière Kotzen et un ampli basse en miroir. Tout est parfaitement lisible. Smith et Kotzen se renvoient la balle, alternant chant lead et solos incendiaires. Au départ, le jeu de scène semble un peu statique, chacun campé sur ses positions. Mais l’ambiance se détend sur la fin du set avec un rapprochement certes timide, mais qui confirme une vraie complicité. Assurer la voix et la guitare force forcément à rester scotché au pied de micro. Heureusement, Julia Lage est là pour dynamiter tout ça ! La bassiste est une véritable pile électrique : elle arpente la scène avec un sourire communicatif, devenant le trait d’union indispensable entre les deux stars. Dans le public, l’écoute est quasi religieuse. Moyenne d’âge et registre musical obligent, le moshpit et le stage diving sont restés au vestiaire, mais la ferveur est là. Les applaudissements sont massifs et les yeux pétillent : une communion rock, tout en élégance.



Vocalises, Virtuosité et « Wasted Years »
Côté setlist, le groupe trouve le juste milieu entre leur premier opus et le petit dernier, Black Light/White Noise. Le rappel réserve son lot de surprises : chaque guitariste s’accorde un moment en solitaire. Kotzen déterre le superbe « You Can’t Save Me » (issu d’Into The Black, 2006), tandis que le final explose sur le mythique « Wasted Years » d’Iron Maiden. Le titre est légèrement révisé vocalement car, on le sait, n’est pas Bruce Dickinson qui veut ! Justement, si le coffre de Kotzen fait l’unanimité, Smith était attendu au tournant. Verdict ? Il s’en tire avec les honneurs. Moins démonstratif que son compère, Adrian fait parler son expérience en restant dans sa zone de confort, évitant intelligemment toute surenchère inutile.



Bilan d’une soirée sans faute
Une fois de plus, le Trianon nous aura servi d’écrin parfait pour une soirée mémorable. Si le show est resté un brin sage, privilégiant la maîtrise à la folie pure, la qualité musicale, elle, était au rendez-vous. Un moment de rock authentique et de haut vol!




Texte et photos par Vassago
SetList :
1 – Bad Company (Bad Company song – On Tape)
2 – Life Unchained
3 – Black Light
4 – Wraith
5 – Glory Road
6 – Hate and Love
7 – Blindsided
8 – Taking My Chances
9 – Darkside
10 – Outlaw
11 – Got a Hold on Me
12 – White Noise
13 – Scars
14 – Running
15 – Solar Fire
Rappel :
16 – You Can’t Save Me (Richie Kotzen song)
17 – Wasted Years (Iron Maiden cover)



